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Attentats, soupçons calomnieux du maire :

Imprimez !
23 janvier 2019
Alain Lipietz

Pourquoi nous ne portons pas plainte

La situation sécuritaire se dégrade à Villejuif, avec l’incendie de la voiture du maire et de 4 véhicules de la police municipale. Le maire dirige les soupçons vers ses « opposants politiques ». Contrairement à d’autres, nous choisissons de ne pas porter plainte contre cette accusation aussi stupide qu’indigne.

Les évènements

La dégradation de la sécurité est une question ouverte depuis le dernier trimestre de l’année dernière. Nous avons été alertés par les riverains de la rue Jean-Jaurés : malgré leurs appels au secours, photos, pétition, la police municipale n’intervenait pas contre les dealers qui s’y installaient, contre les places pour handicapés squattées par d’autres véhicules, etc.

Le 12 novembre, Natalie Gandias pose la question, sans réponse, lors du conseil municipal extraordinaire sur le chantier Aragon. Elle la repose au conseil municipal du lendemain, lors du débat sur la police municipale : le maire préfère interrompre les débats ! Mais, l’affaire devenant publique (en particulier grâce à nos articles), il accepte une réunion avec les riverains. Les directeurs de la police municipale concèdent être au courant, mais le commissaire du KB découvre manifestement le problème. Tout se passe un peu comme si le maire cherchait à cacher ce qui se passe.

Mais la pression de l’insécurité s’accroît partout : incendies de voitures dans des parkings souterrains du Vercors et de Pasteur, cambriolages en série dans un même immeuble… Le maire rassure, invoque des feux spontanés, un(e) pyromane… Jusqu’à ce que sa voiture soit incendiée. Il accuse aussitôt… « les opposants politiques ou des voyous » (dans cet ordre). Voir notre article d’hier, le post-scriptum.

Et ce matin, les voitures de la police municipale brûlent, dans le propre parking de la police inauguré en grand pompe, au nez et à la barbe de la « video-protection ».

Effondrement d’une politique

Après le gag des mats de vidéoprotection systématiquement coupés, après la tentative de faire payer aux locataires des HLM une troisième police privée (avec la nationale et la municipale), le ridicule est complet.

La vidéoprotection ne protège pas la police municipale, qui ne protège pas la population. C’est toute la stratégie sécuritaire du maire qui vient de s’effondrer.

Notre association, L’Avenir à Villejuif, ne tient jamais de double discours. Vous pouvez relire nos textes, et sur chaque affaire survenue à Villejuif vous retrouvez facilement ce que nous en pensions et disions à l’époque en utilisant les indexations ou le moteur de recherche ( par exemple tapez : « violence » , « sécurité » etc.) Et vous trouvez pas mal de liens utiles dans notre article d’hier.

Sur la sécurité, avant comme après notre départ de la majorité, nous avons explicité nos désaccords, y compris publiquement. Nous avons introduit dès 2013 l’obligation de créer une police municipale ET parallèlement développer massivement la prévention (structures ouvertes aux jeunes, régie de quartier, secteur associatif…) Malgré nos protestations, privées et publiques, F. Le Bohellec s’en est tenu au premier volet, tout en détruisant le peu que l’ancienne équipe depuis M. Cosnier avait mis en place pour permettre à la jeunesse d’échapper aux « réseaux ».

Aujourd’hui, comme en 2012-2015, ce sont les Villejuifois qui paieront, sauf qu’en plus ils paient pour une police municipale. Et F. Le Bohellec montre du doigt… les oppositions.

Pourquoi nous ne portons pas plainte

Ne revenons pas ici sur la faute majeure de F. Le Bohellec : avoir laissé tomber la prévention. Quand nous avons lu l’ahurissant communiqué du maire désignant les opposants politiques, nous, à L’Avenir à Villejuif, avons d’abord pris la chose à la rigolade : « Toujours le même, Le Bohellec ! »

Et puis il a fallu répondre aux journalistes, qui avaient aussi entendu le son de cloche du maire, y compris des étudiants d’une école de journalisme : le cas Le Bohellec est devenu un cas d’école, en particulier depuis qu’il oppose aux médias ses « vérités alternatives », à la Donald Trump… Et on s’est aperçu que ce sont effectivement des « éléments de langage » distillés par le maire et ses proches aux sympathisants de droite et aux journaux : ces attentats seraient la suite des oppositions exprimées en conseil municipal, la suite des plaintes déposées auprès des prudhommes, du Préfet, du Tribunal administratif et de la Procureure de la République (dont plusieurs ont déjà abouti à une condamnation du maire).

Soulignons d’abord l’absurdité de ces soupçons distillés par le maire. Pourquoi les oppositions seraient-elles passées de la bataille politique, électorale ou judiciaire (sur la recommandation de Mme la Sous-préfète : « Ne laissez plus rien passer ! » ) aux attentats ? MM. Harel (ex-UDI), Vidal (La République en marche), les socialistes et les communistes aujourd’hui éclatés en plusieurs partis, la France insoumise, les écolos et associatifs, ont-ils jamais tenu un discours en faveur du terrorisme ? Et quel intérêt y trouveraient-ils ? Les lenteurs de la justice ? Celle-ci avance, avec de faibles moyens, lentement mais elle avance, à propos du maire comme à propos des dealers.

Au contraire, le caractère mafieux de cette montée de la violence parait assez évident : cela ressemble fort à des manœuvres d’intimidation. Un racket qui viserait à sanctionner des promesses ou des accords non tenus, ou à exiger quelque chose. Quoi ? À la police judiciaire de le découvrir. Le maire ne nous a toujours pas dit qui a mis le feu à la mairie alors qu’il se vantait d’un air mystérieux de savoir que la police avait identifié un suspect.

Face aux insinuations du maire, plusieurs élus d’opposition ont déjà déposé plainte pour diffamation ou dénonciation calomnieuse. Après débat dans notre groupe, ce ne sera pas notre cas. Pourquoi ?

D’abord, comme nous le disions hier, parce que ce serait une diversion. Les vrais problèmes sont les délits bien réels dont le maire est accusé, ceux des dealers et cambrioleurs, et les attentats. La diffamation dans le communiqué du maire est infâme et ridicule, mais justement n’est que ridicule, et c’est lui qui en supporte le ridicule. On ne va perdre notre argent et notre temps à plaider là-dessus.

D’ailleurs nous avons une certaine expérience de la question de la « diffamation par voie de presse » : nous avons nous-même été attaqués en diffamation pour avoir écrit de l’ancienne équipe municipale ce qu’une grande majorité de la population pensait. D’accord avec notre avocat, maitre Leclerc, ancien président de la Ligue des Droits de l’Homme, et d’accord avec la jurisprudence internationale, nous avons plaidé qu’aux délits de diffamation allégués il fallait répondre de la même façon : internet contre internet, presse contre presse.

Le Parisien, hier, a relayé l’accusation de F. Le Bohellec et notre réponse, nous avons répondu à son site par le nôtre : ça nous suffit pour cette histoire ridicule.

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