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17 octobre 2018
Alain Lipietz

Le biocontrôle au géranium : pas si inoffensif....

Pour répondre aux inquiétudes, le journal de la Ville justifie l’usage d’un désherbant chimique à base de géranium par son caractère « naturel ». Ça ne l’empêche pas d’être dangereux !

Inquiétés par le passage dans leurs rues de « scaphandriers » répandant un produit désherbant manifestement dangereux pour eux, alors que la Ville s’était engagée en 2014 dans une démarche « zérophyto », des correspondants nous ont alertés. Nous nous en sommes faits écho dans notre tribune de Villejuif Notre Ville de septembre. Le numéro d’octobre nous répond page 16 : « La société Éden Vert répand un produit à base de géranium labellisé « biocontrôle » non nocif pour l’environnement… nécessitant toutefois un équipement spécifique (combinaison, masque et gant) pour protéger les agents. »

Première remarque : comment un produit qui tue les « mauvaises herbes » et qui est si dangereux que les « agents » humains ne doivent le manipuler qu’en scaphandre (et encore il faut faire appel à une entreprise spécialisée, les agents de Villejuif étant supposés incapables d’être formés pour cela) peut-il est être « non nocif pour l’environnement » ??

C’est quoi « l’environnement » aux yeux de la droite municipale, si ça ne comprend ni les humains ni les herbes ? Les trottoirs en béton ? Un enfant qui viendrait à se lécher les doigts après avoir cueilli une herbe arrosée par le scaphandrier d’Eden Vert, fait-il partie de l’environnement, c’est à dire que « c’est non nocif pour lui » ?

Deuxième remarque : ce n’est pas parce qu’un produit est extrait d’un végétal, fût-ce une jolie fleur comme le géranium, qu’il n’est pas dangereux pour l’environnement, à commencer par les humains. La plupart des poisons sont d’origine végétale : cigüe, if, belladone, colchiques, digitales, etc. Les végétaux savent se défendre contre un environnement hostile !

Bon, mais dans le cas de ce produit à base de géranium ? Le site Éden Vert nous le décrit : des herbicides à l’acide pélargonique, dit aussi acide nonanoïque, effectivement agréés pour le traitement zero-phyto des trottoirs, mais pas dans l’agriculture bio.

Un coup d’œil sur le web : les avis sont très partagés sur l’acide pélargonique. Voyez ici les avertissements des écologistes des Deux-Sèvres, le jugement plus modéré du site de jardinage Ooreka et même une version complotiste : ce serait, en coulisse, une histoire de gros sous, de concurrence au glyphosate de Monsanto !

Mais le fond de la question, c’est la question des « herbes sauvages » et de la volonté de plus en plus forte des habitants de verdir eux-mêmes notre ville. Du temps de l’Union citoyenne, nous avions imposé cette liberté : une famille, une association, pourrait « adopter » une jardinière, un coin de trottoir, pour y faire pousser ce qu’elle veut.

Mais ce n’est pas du goût du maire : les demandes d’adoption restent sans réponse. Des jardinières ou ronds-points amoureusement plantés en permaculture sont aussitôt détruits. Même dans l’impasse du Pommier de bois, ravissant paradis où les fleurs poussent jusque sur les trottoirs, les scaphandriers sont venus arroser de désherbant les roses trémières. Et le même article de VNV nous l’annonce : les jardinières vont être supprimées.

La nature en ville ? Un espoir pour l’Humanité, un pur slogan électoral à Villejuif.

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Effet de l’acide pélargonique sur quelques "mauvaises herbes" (site de Éden Vert)

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