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7 septembre 2018
Alain Lipietz

Mise en danger de la vie d’autrui

Lors du Comité technique paritaire de ce vendredi 7, les représentants du personnel, avant de se retirer, ont formulé une accusation extrêmement grave.

Le Comité Technique est l’instance du dialogue social dans la mairie. Tous les élus du personnel appartiennent à deux syndicats, cadres et agents, affiliés à la CGT. Pour cette seule raison, le maire, ses adjoints et ses directeurs les traitent comme des nuisibles, refusant tout respect de la loi et du règlement du CT. De ce fait le CT ne sert plus à grand-chose : il n’y a plus de dialogue social à la mairie de Villejuif. Je suis membre du collège « employeurs » (= les élus...) et j’ai pu constater cette épouvantable dégradation depuis l’éclatement de l’Union citoyenne et notre éviction par le trio LR-UDF-Macroniens, alors que tout avait plutôt bien commencé en 2014.

Ce jour de rentrée, il y a d’énormes rapports à examiner sur la situation du personnel. Une syndicaliste demande la parole, elle rappelle les avanies subies depuis de longs mois. Par exemple elle signale que le « comité d’ordre du jour » chargé d’organiser cette séance du 7 a été convoqué... le 31 juillet, et que de toute façon il n’a pas encore été possible de discuter les rapports avec le personnel, dont beaucoup viennent de rentrer. En outre ces rapports contiennent de nombreuses erreurs et contre-vérités : ils sont insincères, et les élus du personnel refusent de prendre part au vote.

Le représentant de l’autre syndicat dit la même chose, et ajoute un panorama de la souffrance des agents, harcelés, sanctionnés pour avoir fait leur travail, poussés à la dépression ou au suicide, les nombreux départs vers des villes plus "normales".

Surtout il évoque un cas horrible : un agent, malade du cancer, se serait vu refuser un emplacement sur le parking de la mairie, demandé par ses médecins. Pire : alors qu’il avait rendez-vous à l’hôpital pour sa séance de chimiothérapie, son/sa directeur/trice lui aurait demandé de la déplacer pour faire un travail "urgent". Devant son refus il aurait été sanctionné.

Là-dessus, les syndicats se retirent. La présidente proclame la scession suspendue (elle reprendra le 26 septembre) . Abasourdi, je demande la réponse de la direction à cette accusation. Le Directeur Général des Services s’y colle.

Le DGS : C’est une règle d’or : on ne traite pas des cas individuels en CT. Mais [puisqu’il est terminé] je vais vous répondre. Nous ne nions pas le droit des agents de se soigner, et nous savons que les hôpitaux manquent de souplesse. Mais il y en a qui en profitent ! Cet agent met les autres agents de son service dans une grande souffrance, car ils doivent se partager le travail qu’il ne fait pas. Il produit des certificats médicaux... mais nous devons être vigilants.

J’écoute, de plus en plus horrifié. Feue ma compagne Francine Comte, ancienne élue de Villejuif Autrement, quoique dans l’opposition, avait toujours été traitée avec respect par Mme Cordillot. Elle a pu tenir son rôle jusqu’au bout malgré 6 années de continuelles chimio, radiothérapies, opérations. Je sais que les soins du cancer obéissent à un protocole très strict, seulement contraint par les disponibilités techniques de l’hôpital.

Moi : Voulez-vous dire que ces certificats médicaux étaient de complaisance ?

DGS : Je n’ai pas dit ça....

Moi : Répondez par oui ou par non : a-t-on voulu empêcher l’agent d’aller à son rendez-vous de chimiothérapie ?

DGS : C’est plus compliqué...

Je me lève et leur lance : Vous devriez avoir honte. Je suis obligé par l’article 40 du code de procédure pénale de faire un signalement à la Procureure de la République pour mise en danger de la vie d’autrui. Et je sors.

J’appelle le syndicaliste qui me confirme point par point et me dit : Non, il n’a pas porté plainte : il nous dit qu’il doit se concentrer sur sa santé et ne pas se prendre la tête avec un procès. Je comprends. Je suis prêt à témoigner au cas où, mais c’est à l’agent de décider.

En principe, l’action publique se déclenche sur un signalement, même s’il n’y a pas de plainte. Mais notre expérience nous a montré que la justice est très lente en banlieue faute de moyens. Apparemment, il n’y a pas de suite à des signalements que nous avons envoyés à Mme la Procureure depuis 2 ans et demi.

Mais attention ! Cela ne veut pas dire que « la police ne fait rien, la justice s’en fiche ». Nous savons que trois services de police au moins (Créteil, Cachan, la Préfecture de Police) suivent les affaires en cours de la « majorité » villejuifoise, suite à des signalements. Selon une information venue du sein de la majorité le Bohellec, au mois de juin un élu de la liste le Bohellec, occupant un poste très important, a été placé en garde à vue (mais nous n’avons pu ni recouper par une seconde source indépendante, ni savoir à propos de quelle affaire).

En attendant, tous nos encouragements à cet agent : depuis des années, d’immenses progrès ont été fait dans la lutte contre le cancer.

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