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Compte rendu du débat

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9 janvier 2018
Alain Lipietz

« La vaccination, à quelles conditions ? »

L’Avenir à Villejuif, avec le soutien de EÉLV 94, a organisé ce très riche débat le jeudi 7 décembre 2017. Voici enfin le compte-rendu.

Les participants :

Docteure Marie-Laure Alby, médecin généraliste villejuifoise exerçant à Paris.
Didier Lambert, président de l’association de malades E3M.
Professeur Romain Gherardi, neurologue, hôpital Henri Mondor de Créteil.
Pierre-Jean Arduin, développeur informatique.

La librairie Points Communs était présente avec une sélection d’ouvrages dont ceux du professeur Gherardi, Toxic Story, de Pierre-Jean Arduin, Pourquoi vacciner, ainsi que : Immunisés ? Un nouveau regard sur les vaccins, de Lise Barnéoud.

Alors que les médias annoncent en fanfare parmi les grands changements 2018 le passage de 3 à 11 vaccins obligatoires pour les nourrissons, il est temps de faire le compte-rendu du passionnant débat que nous avons organisé le 7 décembre et qui pour nous avait commencé les semaines précédentes, avec le choix de nos invités.

Depuis l’annonce par la nouvelle ministre Agnés Buzyn d’étendre l’obligation vaccinale à 11 vaccins, une de nos militantes particulièrement impliquée auprès des jeunes enfants nous demandait de creuser cette question, et notamment celle de l’aluminium dans les vaccins.

Nous avions donc contacté André Cicollela, le père Vert de la lutte contre les perturbateurs endocriniens : il nous a recommandé Didier Lambert, le président d’une association de malades, qui lui-même nous a recommandé le professeur Gherardi, celui qui a découvert la toxicité probable de l’adjuvant aluminium dans les vaccins.
L’animatrice de la pétition pour la liberté et contre l’obligation vaccinale nous avait aiguillés vers Pierre-Jean Arduin, auteur d’un ouvrage critique sur la vaccination. Enfin, nous avions invité une pédiatre villejuifoise, pour présenter le principe de la vaccination et savoir comment elle aborderait les 11 vaccins obligatoires.

Voir ici la présentation du débat avec la liste des invités.

Comme la loi était précisément en débat à l’Assemblée nationale et au Sénat, nous avions aussi invité les nouvelles parlementaires villejuifoises, la députée Albane Gaillot et la sénatrice Sophie Taillé Polian. La sénatrice s’était excusée immédiatement tandis que la députée avait promis de venir. Hélas, quand l’invitée pédiatre a découvert les noms des autres intervenants, elle s’est récusée en nous reprochant de faire venir des « anti-vaccination notoires », arguant que le débat serait déséquilibré. Du même coup, la députée a fait savoir qu’elle refusait de participer à un débat « déséquilibré ». Nous lui avons proposé de venir accompagnée des médecins de son choix mais elle n’a pas donné suite.

C’est finalement la docteure villejuifoise (exerçant à Paris) Marie-Laure Alby qui a accepté de venir présenter la position du médecin de ville dans ce débat. Elle nous avait recommandé la lecture de l’ouvrage de la journaliste médicale Lise Barnéoud : Immunisés ? Un nouveau regard sur les vaccins.

La généraliste

Marie-Laure Alby a retracé les grandes lignes de l’histoire de la vaccination, rappelant qu’une Anglaise en avait introduit le principe en Europe au XVIIIème siècle, après avoir vu pratiquer l’inoculation préventive de variole atténuée à Constantinople et l’avoir fait sur ses enfants.

Elle a présenté les différents vaccins, en détaillant les bénéfices et pour certains les limites et les prescriptions ciblées. Elle s’est émue de personnels d’une maison de retraite non vaccinés contre la grippe ayant contaminé les résidents, ce qui a causé plusieurs décès.

Très favorable donc dans l’ensemble à la vaccination dont elle rappelle qu’il s’agit d’un acte de prévention offert (remboursé) et qui diminue la prise d’antibiotiques, Marie-Laure Alby a néanmoins souligné qu’introduire un microbe afin d’engendrer une réaction n’est pas un acte neutre.

Pour elle, l’obligation vaccinale représente une sécurité. L’Etat prend des responsabilités et en assume les conséquences : si un problème survient, l’assurance de l’État pourra prendre en charge les indemnités, tandis que si la vaccination est facultative ce ne sera pas possible.

Elle estime par ailleurs qu’il n’y a pas assez de contrôles qui permettraient de montrer les bienfaits par rapport aux effets secondaires.

Concernant l’obligation vaccinale, dans son cabinet elle cherche à dialoguer, instaurer la confiance, convaincre sans imposer et d’ailleurs elle ne constate pas beaucoup de contestations. Et si néanmoins des parents ne font pas vacciner leurs enfants, il n’y aura pas de punition.

Le malade

Didier Lambert, président de l’association E3M, a exposé les symptômes des malades de la myofasciite à macrophages, victimes de grandes fatigues chroniques très invalidantes, de douleurs articulaires. Un millier de personnes ont été officiellement diagnostiquées (dont 8 % en invalidité totale, 80¨% des membres de l’association en invalidité totale), mais elles sont sans aucun doute beaucoup plus nombreuses, en réalité une dizaine de milliers

Il a retracé la recherche menée à l’hôpital Henri Mondor à la fin des années 1990, à la demande de l’OMS, ayant amené à une enquête sur le vaccin contre l’hépatite B, à la découverte d’aluminium non éliminé sur des malades, permettant d’établir le lien avec d’autres malades et d’autres vaccins.

Il a dénoncé le manque de réaction des autorités, l’absence de recherche financée sur cette question majeure de santé publique. Cette recherche n’a jamais été financée malgré l’engagement pris par François Hollande et Marisol Touraine. Un financement public de 150 000 euros a été obtenu suite aux grèves de la faim de deux malades. Cette somme dérisoire a permis au laboratoire du professeur Romain Gherardi d’effectuer une étude dont les résultats sont disponibles depuis mars 2017. Le système ne fait pas son travail face aux alertes scientifiques. 45 % des Français sont méfiants envers les vaccins (41% d’évitation vaccinale en France), cela vient de l’absence de transparence, d’indépendance des experts, de contre-vérités.

[Remarque : depuis notre débat, un nouveau sondage a porté ce chiffre à 56 %. Les dénégations des pouvoirs et de la presse provoquent un effondrement de la confiance.]

Il a fait état d’un sondage selon lequel si les vaccins étaient sans aluminium, 93,7 % de la population seraient d’accord pour être vaccinés. Or les laboratoires savent faire des vaccins sans aluminium, avec du phosphate de calcium, l’institut Pasteur en a longtemps fabriqué, jusqu’à sa fusion avec Mérieux, qui a imposé le tut-aluminium. Des alternatives existent, il est inacceptable qu’elles ne soient pas explorées, a conclu M. Lambert.

L’association E3M va désormais plus loin : elle a organisé un colloque au Sénat le 27 novembre présentant de nouvelles découvertes sur le lien entre aluminium vaccinal et autisme.

Le neurologue

Le professeur Romain Gherardy a souligné qu’il n’était pas contre la vaccination obligatoire, car en effet lorsqu’il y a obligation, en cas d’effets secondaires la justice ou l’Etat répare. Cependant on ôte au consommateur la possibilité de refuser un produit, de faire pression sur les fabricants de vaccins, on délègue à des agences sanitaires qui sont disqualifiées du fait des scandales sanitaires. Il faut que les parents puissent évaluer les risques, or le rapport risques-bénéfices n’est pas évalué. La biologie moléculaire est complexe, il faut peser au cas par cas, préférer aux blockbusters des vaccins intelligemment ciblés.

C’est lui qui a fait le lien entre l’hydroxyde d’aluminium qui sert d’adjuvant dans certains vaccins et les troubles de certains de ses patients, et qui a baptisé leur maladie « myofasciite à macrophages ». Il souligne que le risque à long terme de cet adjuvant, qui peut rester actif pendant 15 ans, n’a jamais été sérieusement évalué et qu’il y a défaut d’information.

Il a démoli des idées reçues, expliquant que la façon dont l’aluminium des vaccins est transporté dans l’organisme rend son absorption très différente de celui qu’on ingère, et que plus il est petit plus il reste dans l’organisme et migre vers le cerveau (d’où les problèmes neurologiques).

Pour lui, tout doit donc être repris, si un travail de fond n’est pas effectué on court à la catastrophe. Il faut financer les recherches (l’aluminium est utilisé de façon empirique depuis les années 20 sans qu’aucune étude ait jamais été réalisée), et aussi étudier de nouveaux adjuvants, sinon il n’y aura pas de confiance.

Par exemple : l’aluminium de la vaccination ne fait aucun mal à la majorité mais rend malade une minorité : pourquoi ? Est-ce une prédisposition génétique ? Il faut étudier cela, or on lui refuse désormais des crédits par crainte de remettre en cause le choix de l’aluminium comme adjuvant.

Il a mis en garde sur le fait qu’actuellement seuls les patients présentant une prédisposition particulière sont malades mais qu’avec l’extension vaccinale votée et celle en préparation (tous les nouveaux vaccins en préparation sont à l’aluminium), il y aurait un nombre beaucoup plus important de malades.
Ainsi, en Espagne où les moutons reçoivent des vaccinations intensives et répétées, 50% des bêtes sont malades : il ne s’agit donc plus de prédisposition génétique. Et des études sur ces moutons (plus faciles puisque les patients peuvent être tués !) avaient / ont largement montré la corrélation entre fatigues / maladies et présence d’aluminium dans le cerveau.

Par ailleurs, il indique que deux études montrent également une corrélation entre la vaccination et l’apparition de sclérose en plaques.

Concernant l’ « épidémie » d’autisme chez les enfants aux Etats-Unis, où les nourrissons sont vaccinés contre l’hépatite B (avec un vaccin contenant de l’aluminium) dès leur naissance, le professeur Gherardi a indiqué que le pays était passé d’une incidence de 1enfant malade pour 5 000 en 1970 à 1 pour 68 en 2014 (et 1 pour 42 en ce qui concerne les garçons, plus touchés que les filles). Il a fait état d’une banque américaine de crânes d’autistes dont il a été constaté qu’ils contenaient de grandes quantités d’aluminium. Cette piste n’a cependant pas été étudiée.

Le statisticien

Pierre-Jean Arduin a présenté, sur une série de diapositives, les corrélations qui pouvaient exister entre la régression des maladies infectieuses et les campagnes de vaccination.

Selon ses graphiques qui s’appuient sur une masse énormes de références scientifiques citées dans son livre, la régression de ces maladies a souvent eu lieu avant la généralisation de la vaccination et elle est due à d’autres facteurs, comme les progrès de l’hygiène, sous l’influence des pastoriens et avec les progrès économiques et sociaux.

Il a souligné les nombreux effets secondaires, citant divers cas de mortalité et maladies survenues après vaccination. Il a constaté que les synergies entre les vaccins étaient très peu étudiées et les risques d’effet-cocktail (ce qui se passe quand on administre plusieurs vaccins en même temps) sous-évalués.

Il a mis l’accent sur les inégalités dans le monde, entre les riches et les pauvres (qui reçoivent de mauvais vaccins et n’ont pas accès à l’hygiène).

Les réactions

Marie-Laure Alby s’est élevée avec virulence contre ce dernier exposé.

Catherine Vartanian, généraliste à Villejuif, retraitée, a indiqué qu’on ne maîtrise pas tout du système immunitaire, qu’on ne sait pas tout et qu’elle est donc choquée par l’obligation vaccinale.

Hervé Corne, président d’Agir à Villejuif, a estimé que la nouvelle obligation vaccinale sert les profits des laboratoires. Que ce soit sur l’amiante, le nucléaire, la téléphonie, les pesticides, les politiques publiques vont dans le sens des industriels.

Monique Lambert-Dauvergne et d’autres intervenants ont fait remarquer qu’il y aura bien une « punition » quand les bébés n’auront pas toutes les nouvelles vaccinations obligatoires, puisque les parents ne pourront pas les inscrire à la crèche ni à l’école. Par ailleurs, le refus de faire vacciner son enfant relèvera de l’infraction au Code Pénal et entraînera un risque d’amende et de peine de prison. (Les époux Larère ont déjà été condamnés à 2 mois de prison avec sursis).

Un autre auditeur demande ce qu’il en est de la notion de « consentement libre et éclairé » du patient, prévu dans la Loi Kouchner de 2002.

Ouvrages cités

John VIRAPEN (ancien PDG du laboratoire pharmaceutique ELI LILLI) : Médicaments effets secondaires : la mort

Stéphane FOUCART (journaliste du Monde), La fabrique du mensonge

Et sur la lutte de la Dr Irène Frachon contre le Médiator, le laboratoire Servier, mais aussi les autorités de contrôle sanitaire : le film La fille de Brest.

Dans le numéro de janvier 2018 du Monde Diplomatique : "Vaccinations obligatoires, le débat confisqué"

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