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20 novembre 2017
Alain Lipietz

Campus Grand Parc : le rapport d’enquête publique enfin paru

Il confirme l’utilité publique du projet et les engagements de la Sadev pour l’école sud, mais lui dénie le droit d’exproprier l’Institut Gustave Roussy.

Nous l’attendions avec impatience : il est en ligne depuis vendredi dernier sur le site de la préfecture. Produit sans doute d’un « compromis du 27 octobre », il nous satisfait pour ces deux points, mais pas hélas sur la défense de l’environnement et du corridor de biodiversité. En voici le texte, avec les passages à nos yeux importants soulignés, et les conclusions.

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Le rapport
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Les conclusions

Normalement, l’ensemble des contributions devraient être en annexe, mais la commissaire enquêtrice se contente de les résumer. Déjà les « Castors » de l’Haÿ les Roses se sont plaints de ne pas retrouver leur contribution. La lecture des interventions retenues est assez savoureuse. Mme Cordillot soulève des questions qu’elle aurait dû poser en son temps et se plaint du risque de recul de la pratique du tennis, sans dire mot de la disparition du poney-club promis par le Département ( à majorité communiste) sur le nord-ouest du parc. Une socialiste, Mme Charbonneau, se plaint de ce que la bande de 100 mètres inconstructibles de part et d’autres de l’autoroute du sud ait « stérilisé inutilement des surfaces précieuses » : rien ne vaut en effet les vapeurs de gazole pour y élever les enfants les plus pauvres.

Mais nous avons les réponses de la Sadev, ce qui a valeur d’engagements si la Déclaration d’Utilité Publique est adoptée.

Le positif

L’IGR obtient gain de cause : la Sadev se voit dénier le droit de l’exproprier de ses terrains à vil prix. C’était le point le plus scandaleux : cette opération immobilière, censée « subventionner la recherche médicale » (comme l’affirmaient le PS villejuifois et Mme Cordillot , chaleureusement approuvés par le maire UMP) prétendait commencer par gruger un hôpital sur la valeur de ses terrains !

La question est maintenant de savoir si la Sadev, qui se disait financièrement aux abois, pourra encore rentabiliser son opération, si elle doit acheter les terrains de l’IGR à un prix raisonnable.

Par ailleurs, la Sadev répond à l’une des questions soulevées par l’Avenir à Villejuif : oui, l’école sud sera financée par la Sadev dans le cadre de l’opération. Mais en son temps, après 2025, ce qui suggère un échéancier pour la partie sud de la Zac. C’est un argument qui se tient, bien plus en tous cas que les mystérieuses déclarations du maire : « on n’en aura pas besoin car il y aura finalement moins de logements qu’annoncé » ou pire encore : « on n’en aura pas besoin s’il ne faut pas dédoubler les classes de CP ».

Notons par ailleurs que la commissaire insiste sur le « devoir de relogement ».

Le négatif

Comme il fallait s’y attendre, rien sur le retour au chiffre de compromis de 2015 : 2900 logemens. Le coup de force de la Sadev (3300 logements) est entériné. Aucune réponse à notre seconde question : la reconstitution et l’agrandissement du parc, cet espace vert d’importance régionale (« Grande marguerite » sur la carte du Sdrif, Schéma directeur régional de l’Ile de France) pourtant amputé de toute sa partie nord-ouest… alors même que le projet participe lourdement à l’explosion démographique de Villejuif. Le nombre de mètres carrés d’espace vert par habitant est appelé à chuter encore.

Le rapport commence d’ailleurs par affirmer que la ZAC n’est traversée par aucun couloir de biodiversité au Schéma Régional de Cohérence Écologique, ce qui matériellement faux : elle est traversée sur toute sa longueur par un « corridor de sous-trame arboré à restaurer » allant de la Bièvre au parc départemental des Lilas, comme le soulignaient Natalie Gandais et moi lors de l’enquête publique sur le SRCE. Ce corridor est d’ailleurs repris sur la carte de la « trame verte » du Sdrif et s’appuie sur la Grande marguerite.

J’avais insisté, dans ma contribution à l’enquête sur la Zac, que le PLU 2015 de Villejuif prévoit des compensations à la disparition du nord-ouest du parc : la moitié ouest du terrain des maraichers, et le « terrain Rameau » (en contrebas du lycée Darius Milhau). Le rapport de la Commissaire reprend hélas le discours non démontré de la Sadev : la Sadev aurait déjà tout reconstitué dans ses plans (où ça ? ).

Mais au moins elle reprend l’une de mes recommandations : « une voie de circulations douces sans pleine terre et simplement bordée d’arbres n’est pas la « restauration d’un corridor de sous-trame verte » ! Elle vise évidemment l’avenue de l’Épi d’or et la future avenue de France ( nettement moins vertes que les Champs Élysées), que la Sadev compte comme espaces verts reconstitués et même comme segment de coulée verte. Sous la plume de la commissaire : « Il conviendra de ne pas compenser les espaces verts aérés par une simple végétalisation des aires publiques. »

Quant à l’absence de tout projet d’espace culturel, la Sadev répond en substance que Villejuif en a déjà bien assez.

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