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Vendredi 18 octobre

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17 octobre 2013
Natalie Gandais

Clôture de l’enquête publique du PLU

La déposition de Natalie Gandais

Il y avait foule, ce vendredi après midi, dans le bureau de la Commissaire enquêtrice, madame Blanchet. Les Villejuifois-e-s ont compris que l’avenir urbain que leur dessine la municipalité n’est pas très plaisant, et veulent le faire savoir. Voici mon commentaire. J’ai déposé également celui des jardiniers de l’Épi d’or, qui ne pouvaient pas venir. D’autres avis sont en ligne : celui de FL sur ce site, celui d’Alain Lipietz sur le site d’Europe-écologie Les Verts Villejuif.

Madame la Commissaire enquêtrice,

En qualité de citoyenne et de candidate tête de liste de l’Avenir à Villejuif pour les prochaines élections municipales, je voudrais vous transmettre quelques observations sur ce PLU.

Ce que je critiquerai d’abord, c’est le document intitulé « rapport de présentation ». Ce document, bien maigre, semble écrit pour justifier l’option « densification », mais ne propose pas de « projet urbain » pour notre ville. Ont été diagnostiqués des formes, des volumes, des quantités d’habitants, mais pas des modes de vie agréables ou désagréables qu’il conviendrait de conforter pour les premiers ou de transformer pour les seconds.

Des modes de vies agréables qu’on voudrait conforter

Ainsi, alors que le diagnostic situe les quartiers pavillonnaires des coteaux (Esselières, Guipons, Pasteur, Lion d’or), le mode de vie « de village » qui y fait la qualité et le plaisir du quotidien pour les habitants n’est pas identifié, du coup il n’est pas non plus défini comme un modèle de vivre ensemble « à préserver ». Au contraire, on veut nous infliger un linéaire de grands immeubles et de commerces tout le long de la Nationale 7, qui banalisera Villejuif et la transformera en triste ville de banlieue sans âme. Et même, avec des projets de construction de 30 et 40m de haut en lisière de quartiers pavillonnaire, on s’acharne à détruire ce qui fait leur agrément, leur identité.

Au lieu de nous infliger un front bâti sans aucun charme, on devrait plutôt s’appuyer sur ces villages et leurs caractéristiques pour composer autour et avec eux les quartiers de la ville à taille humaine du 21 e siècle. On pourrait très bien, sur la Nationale 7, briser la monotonie d’un front bâti en alternant villages de pavillons et ensembles d’immeubles plus hauts, avec en lisière de ces entités des petits pôles commerçants, pôles de rencontre entre les habitants de quartiers voisins.

Des cités où la vie est difficile et qu’il faudrait transformer

Le diagnostic socio-économique du rapport de présentation, s’il fourni des chiffres instructifs, ne traite pas des difficultés à vivre ensemble des habitants de certaines de nos cités HLM, conçues comme des ghettos, en cul de sac sans commerces de quartier ni lien avec la ville. Les grandes cités HLM ne sont même pas toutes nommées, p 71, au paragraphe sur la formation de la ville. On écrit « Les Lozaits, Mermoz, Delaune et Lebon », mais pas Armand Gouret, Julian Grimau, Eluard ou le Vercors.. Pourtant, le Vercors, un des endroits les pires de nos banlieues, mériterait l’attention particulière de nos édiles.

Et le paysage ?

Alors que d’autres villes, après avoir laissé se faire une urbanisation galopante, tentent de retrouver leur socle géographique et leur environnement naturel, le paysage ne fait pas partie des préoccupations du PLU. Si le diagnostic identifie « une ville en promontoire vers les vallées de la Seine et de la Bièvre », si dans les multiples réunions publiques qui ont précédé l’arrêt du PLU, on a pu entendre les techniciens évoquer la proximité de la Seine, la disposition en plateau et coteau de notre ville, les vues et perspectives à dégager sur la Seine pour rendre aux habitants la perception de la géographie des lieux, aucune orientation du rapport de présentation ne vient confirmer cet espoir que nous avions de reconquérir des vues dégagées et de restaurer les contacts visuels, même ponctuels, avec le fleuve. Au contraire, le double linéaire de grands immeubles le long de la N7 achèvera de boucher toutes les vues.

Un centre ville sacrifié

Le centre ville périclite. Les commerces ferment les uns après les autres. La faute à l’urbanisme ? A la crise ? A l’appauvrissement de la population ? Aux difficultés de circulation et de stationnement ? Le diagnostic ne l’analyse pas. Mais au lieu de concentrer l’effort sur la re-dynamisation du centre-ville et de chercher comment lui rendre son attractivité, le PLU veut diluer le centre ville dans un centre « élargi à la N7 », avec commerces obligatoires au pied des immeubles, dont on voit mal comment, en devenant plus large, il deviendrait soudainement mieux achalandé. Tandis que plus embouteillé, oui, puisque le stationnement n’est pas prévu.

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Des espaces agricoles et des jardins à protéger plutôt qu’à urbaniser

Les terres des Maraîchers, d’environ 5 ha, situées entre le parc des hautes-Bruyères et les Jardins familiaux de l’épi d’or, sont les dernières terres agricoles de Villejuif. Le maintien de leur vocation agricole et naturelle est nécessaire à la continuité de la coulée verte Bièvre Lilas . En juin 2013, une pétition pour leur protection a recueilli 173 signatures papier et 38 signatures électroniques, proposant d’y créer un espace ouvert au public, avec du maraîchage, des potagers, des arbres fruitiers, pour une production alimentaire de proximité au coeur de nos quartiers de banlieue. J’espère, Madame la Commissaire enquêtrice, que vous voudrez bien prendre cette pétition en considération . (ci-joint)

Quant aux Jardins familiaux de l’Épi d’or, ils sont « sanctifiés » par le PLU, c’est bien. Mais le sont-ils pour longtemps ? Avant même la fin de l’enquête publique, le Conseil municipal du 17 octobre 2013 vient de les confirmer dans un périmètre de veille foncière. (documents joints). Même pas approuvé et déjà en voie de modification, le PLU ?

Réserver un emplacement pour un lieu de culte

Je souhaite ajouter quelques mots sur le projet de deuxième mosquée à Villejuif. Depuis des années, deux associations cultuelles musulmanes, l’Association des Musulmans de Villejuif et l’Association des Musulmans du Val de Bièvre, cherchent à construire une deuxième mosquée. Malgré les promesses de la mairie, ils ne parviennent pas à trouver le terrain ad hoc, et la dernière idée de la ville : acquérir (aux frais des contribuables) pour le démolir (aux frais des mêmes) un ensemble de 12 logements, en bordure de N7 et quasi sans possibilité de stationnement, pour confier le terrain ainsi « dégagé » à l’AMV et AMVB avec un bail emphytéotique, soulève l’indignation des riverains qui multiplient les recours.

Pourtant la ville dispose, par le SAF 94 auquel elle a confié le soin d’acquérir tout ce qui est à vendre dans les multiples périmètres de veille foncière qu’elle a délimités sur tout le territoire, de nombreuses parcelles qui conviendraient à la construction de ce lieu de culte, sans démolir de logements, avec la possibilité de mettre du stationnement. Il aurait été souhaitable d’en débattre publiquement, lors des réunions d’élaboration du PLU, afin de définir un emplacement réservé à l’édification de ce lieu de culte qui fasse consensus.

Vous remerciant de l’attention que vous voudrez bien accorder à ce commentaire, je vous prie de recevoir, Madame la Commissaire enquêtrice, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

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