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14 décembre 2012
Philippe Robichon

Conte de la fenêtre

par Philippe Robichon

Le projet de campus autour de l’Institut Gustave Roussy comme le percement de la station du métro rouge dans le Parc des Hautes-Bruyères bouleversent les plans du parc tel qu’il avait été imaginé par ses concepteurs. Philippe Robichon, rédacteur à Liaison, la revue d’Ile de France Environnement, nous propose une page de nostalgie.

J’ai visité souvent, vers les années 90, un filleul à l’IGR. Il avait 8 ans et on parlait de l’amputer d’un pied. J’entrais dans sa chambre revêtu d’un bonnet de papier blanc, d’une tunique blanche, et chaussé de papier blanc aussi : Ludovic, en chimio, ne devait être en contact avec aucun porteur de germes. Je lui servais de père
provisoire : son père, qui animait le festival de Gavarnie, était en pleine répétitions des spectacles d’été.

"Parrain , me demandait-il de temps à autre, tu peux me porter jusqu’ la fenêtre ? Je voudrais voir les enfant qui plongent dans la piscine, en bas... ? Et, muet, souriant, ce petit garçon devenu chauve regardait de tous ses yeux.

Ludovic a sauvé son pied. Il a simplement un os en moins, il boîte un peu, il a 30 ans et travaille en Abyssinie avec Médecins du Monde après avoir renoncé à son métier d’ingénieur...

Mais à l’époque, je m’intéressais déjà au Parc des Hautes Bruyères, et j’avais suggéré aux paysagistes qu’il y avait peut être quelque chose à inventer pour que d’autres enfants puissent regarder par la fenêtre... Les années passant,
j’avais oublié... Puis un jour, on m’a parlé du projet de poney-club, sur la partie du parc visible de l’IGR. J’étais content, Ludovic aussi..c’était une belle idée.

Je sais maintenant que les petits cancéreux de l’IGR ne verront ni chevaux, ni poneys, mais une cité de recherche et ses toits. Et j’entends encore la voix de Ludovic : " tu peux me porter jusqu’à la fenêtre ?" Et la voix des paysagistes disant : "c’est dommage"

Oui : c’est dommage.... Il faut le dire...

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