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22 août 2017
Alain Lipietz

L’été à Villejuif : expulsions et inondations...

Après l’ex-Gendarmerie, c’est la Bourse du Travail qu’on veut expulser ! Pour des opérations immobilières. Pourtant les inondations de cet été révèlent une imperméabilisation des sols dangereuse.

Nous avons raconté début aout comment la coupure de l’électricité à l’ex-gendarmerie, le 28 juillet, a provoqué le départ de familles de squatteurs, contre le volonté de la sous-préfète et du commissariat du Kremlin-Bicêtre. Nous n’avons encore pu démêler les rôles de MlM le Bohellec et du Conseil départemental, propriétaire du lieu, ni confirmer l’intervention de la police municipale.

Or le même jour, en catimini (mais cette fois l’affaire est très claire), la mairie exige, par un référé en tribunal administratif, l’évacuation de la Bourse du travail par les syndicats ! Et malheureusement, le 8 aout, le tribunal administratif de Melun lui donne raison, condamnant les syndicats à verser 2000 euros de frais de justice et à déguerpir d’ici un mois avec 200 euros d’astreinte par jour de retard.

Bien sûr il y aura appel. Car les syndicats n’ont même pas été prévenus de l’audience, et ce n’est pas la première fois : MlM le Bohellec avait agi de la même manière pour l’expulsion du Chêne. Mais sur le fond deux choses sont inadmissibles.

- L’expulsion des syndicats de la Bourse du travail ne correspond à aucun projet de réutilisation de ce bâtiment, 16 rue Jean Jaurès, pour ses services au public. Interrogé par Le Parisien, le maire se contente de répondre que c’est pour le vendre : la municipalité a besoin d’argent.

-  C’est donc une nouvelle fois (après Le Chêne et Le Portail, hôte de l’Auberge des idées vendu à la seconde mosquée) que la mairie vend ses immeubles à usage collectif social ou culturel, sans prévoir le relogement des activités sociales ou culturelles qui s’y déroulaient (les prochains sur la liste sont le centre Eugène Candon, près de Lamartine, la Maison des associations…).

Accessoirement, c’est une victoire posthume pour le groupe municipal En Marche, dont le leader Philippe Vidal, alors adjoint au finances, exige depuis le budget 2015 la vente de la Bourse du Travail. Quelques semaines après son départ de la majorité , il obtient satisfaction !

Quand à nous, l’Avenir à Villejuif, nous nous étions ferment opposés à cette vente, et nous y restons fermement opposés. Il n’est pas inule de refaire un peu d’histoire.

La Bourse du travail : une vielle affaire

C’est en effet dès janvier 2014 que les élus municipaux, dont Natalie Gandais, pourtant première adjointe en charge notamment de patrimoine municipale et des travaux, prennent connaissance, en lisant la PPI (plan pluriannuel d’investissements) du budget 2015, du projet de vendre la Bourse du Travail, décidé en secret par les trois autres leaders de l’alliance municipale Union citoyenne : le maire lui-même, Ph. Vidal et E. Obadia. Nous exprimons aussitôt notre totale opposition et notre soutien aux syndicats, obligeant le maire à désavouer clairement ce projet. Mais sa communication reste floue, tandis que, forts de ses engagements, nous assurons aux syndicats que ce projet est abandonné, et faisons des propositions. Des syndicalistes empêchent la tenue d’un conseil municipal, ce que nous ne cautionnons pas, mais l’attitude des uns et des autres nous prouve que le trio le Bohellec-Obadia-Vidal a bel et bien tenté ce coup de force, et ne compte pas en rester là.

Mais sur le coup, nous et les syndicats avons obtenu gain de cause : la vente st démentie et la municipalité ouvre des négociations pour accorder aux syndicats une nouvelle convention d’occupation.

C’est en effet un des problèmes rencontrés lors de notre entrée en fonction en 2014 : le PCF a distribué de nombreux biens immobiliers, propriétés de la ville, du département, de ses réserves foncières, de l’OPH, à des organisations amies ou carrément à des copains. Dans certains cas c’est légitime, pas dans tous ! Mais même quand c’est légitime, il n’a pas toujours pris soin de rédiger et faire voter des conventions en bonne et due forme, tant il croit rester éternellement au pouvoir : alors, du moment que ça reste « en famille », des accords verbaux suffisent, n’est-ce pas.

Dans le cas du ce bâtiment du 16, rue Jean Jaurès, il existait une convention, mais elle n’a pas été explicitement renouvelée (ni révoquée). Le beau bâtiment en façade est l’ancienne Poste. La municipalité communiste, quand elle en prend le contrôle, en fait une Bourse du travail ouverte aux villes voisines, ce qui est légitime : de nombreuses villes françaises ont fait pareil, à commencer par Paris, municipalité pas très gauchiste à l’époque (1888).

Mais derrière il y a un grand jardin, qui aurait dû rester public, et deux petits bâtiments, qui servent un temps d’école de danse, puis sont abandonnés. Natalie Gandais a le projet d’y installer la première crèche parentale de Villejuif, en voie de constitution. Elle visite les lieux avec les services. Stupéfaction : l’une est occupée par les Pionniers, filiale jeunesse du PCF !

Interrogés, les syndicats reconnaissent qu’ils n’occupent pas tout l’espace et proposent d’eux-mêmes que le 16 Jean-Jaurès accueille également d’autres activités de l’économie sociale et solidaire : c’est la vocation historique des Bourses du travail. Or nos maires-adjointes en charge de l’économie sociale et solidaire ou du mouvement associatif (Monique Lambert et Sylvie Thomas) portent plein de projets : outre la crèche parentale, une épicerie solidaire, une régie de quartier, etc.

En outre, dans le cadre de la consultation sur le PLU, Natalie Gandais propose sous les applaudissements de reprendre l’idée du grand urbaniste Michel Cantal-Dupart : faire de « la Pointe Gorki » (l’entrée nord de Villejuif par la rue de Paris et la rue Jean-Jaurés) un « Montmartre de la banlieue sud ». Bref, quel que soit l’usage du n°16, c’est un beau bâtiment (d’ailleurs protégé) qu’il convient de conserver pour un usage public social ou culturel .

En Janvier 2016 nous devons quitter la majorité le Bohellec, ne pouvant cautionner le scandale de la Halle des sports. Dès lors, tous ces projets semblent abandonnés par la droite et En Marche ! Et commence une période noire de destruction systématique de tous les lieux associatifs, sociaux ou culturels. Quant aux négociations pour formaliser la convention d’occupation du bâtiment principal (la Bourse du travail) par le syndicats, elles avaient commencé de notre temps (on discutaient de qui paieraient le nettoyage…). Mais d’après les syndicats, depuis notre départ : silence radio jusqu’au coup de tonnerre du 28 juillet 2017.

Densifications et inondations

Ainsi, débarrassés de ses alliés écologistes en janvier 2016, puis d’un petit morceau du centre (le groupe En Marche de Philippe Vidal, au printemps 2017), la droite villejuifoise qui, même alliée au Modem autour de J. Carvalho et A. Lecavalier, ne représente plus rien sur Villejuif (11,5 % aux élections législatives de juin dernier) transforme la municipalité en bradeur de biens publics pour les promoteurs immobiliers.

Or, dans le même temps, la population commence a prendre conscience de la terrible densification de Villejuif entrainé par le Plan Local d’Urbanisme hérité de la municipalité précédente de Mme Cordillot, resté valable jusqu’au 1er janvier 2016 : bien des immeubles terminés depuis l’élection de 2014 sont conformes à ce PLU Cordillot. Certes le PLU adopté sous la conduite de Natalie Gandais en décembre 2015 représente une forte dé-densification (les hauteurs autorisées sont diminuées de 10 mètres, l’emprise au sol des immeubles est réduite aussi, et en prévision du changement climatique un soin particulier a été apporté à la sauvegarde des jardins en pleine terre, et tous les toits-terrasses doivent être végétalisés). Car le grand problème avec la densification de l’urbanisme, c’est l’imperméabilisation des sols.

Mais il est peut être déjà trop tard. En juillet, un énorme orage, comme il arrivera de plus en plus souvent, frappe Villejuif : il pleut en quelques heures autant que dans un mois de juillet ordinaire. De nombreuses caves sont inondées, y compris dans les zones pavillonnaires du « haut de la côte ». Jusqu’ici ça n’arrivait que dans le Bas de la côte : l’eau de pluie pouvait y ruisseler en torrents depuis le Plateau (par exemple : bas de la rue Reulos).

Désormais nous savons que l’absorption des eaux de pluie, qui seront de plus en plus violentes, va devenir un problème stratégique pour Villejuif. Seules solutions : renforcer les coûteux collecteurs d’eau de pluie sous les trottoirs, comme dans une ville dense (dès le débat sur le PLU, Michel Cantal-Dupart avait signalé que le réseau de recueil de l’eau de pluie n’était pas suffisamment dimensionné), et absorber l’eau de pluie en multipliant les « éponges » de terre pleine, les trottoirs absorbants et les revêtements de parking drainants comme à Bordeaux) etc.

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Commentaires

1 Message

  • Alain Lipietz 31 août
    14:40

    Tout en critiquant la forme de l’expulsion, la députée macroniste de Villejuif Albane Gaillot, sur sa page Facebook (29 aout), confirme la position de son groupe depuis 2014 : l’expulsion des syndicats du 16 rue Jean-Jaurès. Dans un commentaire de son billet, Paulo Nunes, président du groupe municipal En Marche qu’il constitue avec Ph. Vidal, confirme ce soutien et précise ce qui était prévu par eux et le maire en février 2017.

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