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Conseil municipal du 3 février 2017 (3)

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7 février 2017
Alain Lipietz

Comment la "majorité" a failli basculer

Vif affrontement sur un nouvel avantage en nature pour le prochain Directeur Général des Services (DGS). Le Groupe VNV vote contre. Le maire reste pourtant majoritaire d’une voix. Pourquoi ?

Fin du dialogue social

Une série de rapports portent sur des réaménagements de certains services. Sous l’œil des syndicats dans le public, notre groupe et l’opposition « canal historique » (les trois groupes issus de la liste Cordillot) bataillent sur le principe : selon la loi, ces modifications doivent d’abord être débattues en Comité technique (paritaire élus/salariés), ce qui n’a pas été le cas.

La droite, menée par M. Obadia, résiste à coups d’articles de loi isolés de leur contexte. On leur rétorque : « À supposer même que ce ne soit pas obligatoire, rien ne vous empêche de le faire quand même : ça fera du bien au dialogue social. » En fait, c’est le fond du problème : Moi Monsieur le Maire n’a plus rien à faire de l’avis du personnel et s’affranchit de toute obligation à son égard.

Toutefois, sur un réaménagement particulièrement spectaculaire (des salariés de la Ville transférés au CCAS), Franck Périllat (communiste) fait une intervention dévastatrice. Le maire doit capituler : « Bon, d’accord, en effet, dans ce cas c’était une erreur ; on va attendre d’avoir consulté le Comité technique. »

Une question de justice salariale

Dernier rapport de cette série : création d’un logement de fonction pour le futur Directeur général des services (DGS), sous prétexte des « astreintes » particulières de cette fonction. Villejuif jusqu’ici s’en est fort bien passé ! Et la bataille juridique recommence.

Cette fois, nous savons bien pourquoi le maire évite le CT : depuis le début de notre mandat, les salariés demandent une réouverture de la négociation salariale. Quant à Ph. Vidal, maire-adjoint aux finances, il est bien sûr contre cette dépense nouvelle, et donc contre le rapport.

J’interviens pour notre groupe :

« Ces débats juridiques sont très intéressants. Mais, passage en CT ou pas, nous voterons contre.

Au fond, ce logement n’est rien d’autre qu’un nouvel avantage en nature offert à un candidat à ce poste, une augmentation de salaire déguisée, car vous avez épuisé toutes les possibilités dans le cadre de la grille indiciaire actuelle. Alors de deux choses l’une.

Ou bien vous admettez que les salariés, qui s’estimaient mal payés du temps de Mme Cordillot, ont raison de demander une augmentation, et alors il faut ouvrir la négociation et aller vers quelque chose d’équitable entre la base et les cadres supérieurs.

Ou bien vous pensez que seuls les salaires du haut de l’échelle, celui du DGS et de ses adjoints, ne sont pas assez élevés. Et pourquoi donc ? Parce que vous constatez que dans le privé, les écarts de salaire atteignent des sommets ? Vous voudriez faire pareil, avec un directeur payé 10 ou 20 fois plus que le personnel de la voierie ? Mais ça ne marche pas comme ça dans la fonction publique française.

Plus probablement, vous constatez que, pour trouver quelqu’un qui accepte de venir à Villejuif, après tout ce que vous avez fait, notamment au précédent DGS, il faut vraiment le payer très cher. Oui, dans le milieu des cadres de la haute fonction publique territoriale, votre comportement fait que l’on préfère partir en Corse plutôt qu’être candidat à Villejuif.

Votre incapacité à travailler normalement avec les directeurs, même ceux que vous recrutez et avec qui vous vous entendez bien pendant un an, nous coûte déjà un million d’euros, en coûts de licenciements, et maintenant vous voulez qu’on augmente leurs avantages pour en appâter, malgré tout, quelques uns ! »

On passe au vote : les « Pour » l’emportent par 21 voix, contre 20 voix « Contre ».

La majorité fantôme

Comment est-ce possible, alors que le groupe Villejuif NOTRE Ville de Ph. Vidal, qui se croyait « faiseur de roi » depuis qu’il a voté notre exclusion de la majorité, a voté contre ?

D’abord, ce groupe, de 7 élus au départ, n’en compte plus que 3. Il ne pèse plus grand chose. Toutes les femmes en sont parties : Anne-Lise Boyer nous a rejoint, Catherine Casel a rejoint la droite, et Laurence Loudière, maire adjointe aux ressources humaines, tout en quittant VNV, se revendique toujours progressiste et reste "associée" à ce groupe. De plus, Alain Lecavelier (qui fut le plus jésuite procureur de Natalie Gandais lors de la crise de janvier 2016), a rejoint la droite.

VNV + Laurence Loudière représentent donc 4 voix (dont trois maire-adjoints, quand même…)

Par ailleurs, Mme Arlé, du groupe de 3 de M. Harel, "FUE", a annoncé en début de séance qu’elle quitte ce groupe (pour rejoindre la majorité du maire). Par contre Mme Tijeras, qui ne vient pratiquement plus, laisse son mandat à M. Harel.

Enfin l’élu du Front national ne vient plus et ne laisse pas de mandat.

Moi Monsieur le Maire peut donc encore à peu près compter sur : les 18 de son groupe et de celui d’E. Obadia, y compris Mme Dumont-Monnet qui a quitté ce groupe (et n’est pas très « sure »), plus Mme Casel et M. Lecavelier plus Mme Arlé. Soit 21 personnes, loin de la majorité officielle (23 élus sur 45).

Les 4 vidaliens et « associée » (L. Loudière) devraient donc conserver une position de chantage dans la majorité ? Ben non.

Ce soir-là, M. Harel, certes plutôt de droite mais irréconciliable avec M. Obadia, a quitté la séance avant le vote.

Normalement, notre groupe de 7, plus les 10 « canal historique », plus les 4 « Vidaliens et associée » font aussi 21. MAIS : Marc Badel (MRC) est absent et a oublié de laisser son pouvoir !

Bref, la majorité de Conseil municipal de Villejuif ne tient plus qu’au hasard, à l’humeur de M. Vidal et à la présence ou non de M. Harel.

***

Le compte-rendu du conseil municipal du 3 février 2017 est en 6 parties :

1. Encore un directeur renvoyé : Olivier Buchsbaum

2. Expulsion du Chêne : les derniers coups

3. Comment la "majorité" a failli basculer

4. De nouvelles « affaires » immobilières dans le tuyau ?

5. Explosion démographique, crise des locaux scolaires

6. Que se passe-t-il quartier Bizet ?

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Commentaires

1 Message

  • Alain Lipietz 13 février
    18:23

    Nous avions eu le nez creux en comptant Maryse Dument -Monnet comme "pas très sûre" pour F. le Bohellec : elle annonce qu’elle quitte son groupe, parce qu’on l’a forcée à laisser son mandat afin de voter pour le logement de fonction du DGS, alors qu’elle n’était pas très convaincue !! Il n’y avait donc pas vraiment 21 voix "pour".

    Cet incident pose le problème de la "discipline de groupe". Notre groupe « L’avenir à Villejuif », comme son ancêtre Villejuif-Autrement, regroupe des écologistes et des associatifs. Nous discutons évidemment de nos votes avant les conseils municipaux, de nos tribunes dans le journal de la Ville, etc. Mais chacune et chacun conserve sa pleine liberté de vote.
    Un groupe fondé sur les engagements dans la société civile, sur le terrain, peut tenir sur la durée et même croitre pendant un mandat, mais cela exige de concilier la liberté de conscience de chacun et le débat pour arriver à des positions convergentes.

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