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22 juillet 2016
Alain Lipietz

Accablé de procès, le maire pète un câble

Le Parisien se fait écho du rapport de la médecine du travail sur la détérioration considérable de la santé mentale et physique des agents. Le maire riposte en attaquant ce journal et EÉLV, et en licenciant son directeur général.

Cet article du Parisien du 17 juillet fait écho au débat du conseil municipal où ont été examinés les rapports présentés en Comité d’Hygiène et de Sécurité.

Le maire F. le Bohellec a répondu le lendemain sur sa page Facebook par le texte suivant :

Premiers commentaires

D’abord, le maire attaque un « diagnostic de la journaliste du Parisien », alors que la journaliste ne fait que relater ce qu’écrit la médecine du travail. Il donne des exemples de crises entre agents et directeurs, ce qui est aussi dans le rapport : soumis à des injonctions contradictoires et aux coupures de crédits de la nouvelle majorité le Bohellec, les cadres intermédiaires réagissent certes en « pressionnant » leurs agents… mais l’ordre de brimer vient d’en haut, comme en témoigne le « torchon des 17 » sur lequel nous reviendrons.

Ce n’est d’ailleurs pas nouveau, et les agents se plaignaient avant les élections de 2014 des mêmes problèmes, ce qui n’a pas peu contribué à la victoire de l’Union citoyenne (voyez la lettre que nous avions adressée aux agents), car le personnel attendait beaucoup du "changement". F. le Bohellec dénonce ici des pratiques de sabotage par les partisants de l’ancienne majorité communiste. Ce n’est pas à exclure dans certains secteurs, mais le problème, c’est que les agents les plus malheureux et les plus brimés aujourd’hui sont ceux qui avaient le plus espéré du changement !

Dans un éclair de lucidité, le maire avoue : « Je pense qu’une majorité d’agents attendait beaucoup du changement d’exécutif en avril 2014.
Pour un grand nombre, il y a une déception que nous devons comprendre et y répondre concrètement. »
Mais c’est pour aussitôt s’en tirer par une pirouette indigne : « Nous avons peut être fait avancer un point : les agents s’expriment ». Oui, ils s’expriment, nous verrons plus loin comment.

Diffamation contre Europe Écologie Les Verts

Surprise, F. le Bohellec conclut en attaquant… EÉLV.

EÉLV a soutenu la liste L’avenir à Villejuif qui, au second tour des élections de 2014, a fait alliance avec lui. Nous avons raconté comment, pour couvrir ce que nous considérons comme un délit de favoritisme immobilier au sujet de la Halle des Sports, une nouvelle majorité le Bohellec-Obadia-Vidal-Casel, après avoir tenté un chantage (« si vous signalez vos soupçons au procureur, on vous vire »), a viré de l’exécutif les élus Avenir à Villejuif, qui ont obéi à la loi leur faisant obligation de signaler ces soupçons.

Cette affaire est en cours. Natalie Gandais, ex-première adjointe en charge de l’urbanisme, a porté plainte contre le chantage mais ne s’est pas constituée partie civile, elle n’a donc pas accès à l’instruction. Elle a longuement été interrogée par la brigade financière de la Préfecture de Police, qui a examiné attentivement sa valise de documents sur l’affaire de la Halle des Sports. Mais là non plus elle n’est pas partie civile. C’est au procureur d’agir dans ces deux affaires. Quant au préfet, il a demandé un délai pour examiner la vente du terrain de la Halle des sports.

Aujourd’hui, F. le Bohellec accuse publiquement « EéLV » d’avoir demandé de « mettre dehors un agent que nous [F. le Bohellec] venons de nommer DGA car il était trop proche des communistes ». Tsoin Tsoin !

Quand le groupe EÉLV-Villejuif se réunira (en septembre), il discutera de l’opportunité de porter plainte pour diffamation. Passons également sur l’accusation folklorique « EELV faisait ses courses dans nos services pour travailler avec tel ou tel agent », sur la nouvelle tentative de chantage ("une directrice dont je garde les propos écrits") et tâchons de faire le point sur les procès en cours.

L’affaire Serfati et l’Union Sportive de Villejuif.

Nous vous avions informés de cette affaire. C’est la première décision de justice contre le maire F. le Bohellec et l’adjoint aux sports, M. Monin.

Ils avaient en effet ordonné à l’USV d’embaucher un grand sportif, M. Serfati, pour liquider l’USV et la remplacer par un « Office municipal des sports », avec promesse de subventionner l’USV pour payer M. Serfati. Ce qu’ils n’ont pas fait, et donc l’USV a dû suspendre les paiements. M. Serfati a porté l’affaire devant les prud’hommes, qui ont rendu leur arrêt, le 28 juin : la ville et l’USV sont condamnées à payer solidairement des dommages-intérêts à M. Serfati.

F. le Bohellec est donc condamné… mais ce sont les Villejuifois qui paieront.
Quand à l’USV, Le Parisien du 19 juillet révèle que F. le Bohellec lui enjoint de « quitter les lieux » alors qu’il a lui-même signé une convention lui accordant l’usage de la Maison des Sports de Villejuif jusqu’à la fin 2016. Un nouveau procès à venir ?

Les associations bannies des fêtes de Villejuif

Mme Casel, promue maire-adjointe aux associations après avoir voté l’exclusion de Natalie Gandais de l’exécutif (provoquant par contrecoup le départ de Sylvie Thomas, ancienne responsable de ce secteur) a commencé très fort : en excluant plusieurs associations (Mouvement de la Paix etc) des fêtes de Villejuif.

Le débat a eu lieu en conseil municipal. Nous avons exposé les graves risques juridiques que prenait l’exécutif pour une telle discrimination.

L’argument a dû faire réfléchir : Mme Casel a battu en retraite, et a écrit à ces associations qu’elles pourront participer aux fêtes à la rentrée.

Les plaintes des agents

Les brimades dont sont victimes les agents de Villejuif de la part de la nouvelle majorité ont commencé l’an dernier et déjà plusieurs personnes ont porté plainte pour "harcèlement", dont une en est tombée malade. Le maire a été interrogé par la police pendant des heures, tout comme le Directeur Général des Service.

Mais la politique du harcèlement a un point de départ officiel, plus récent : la « lettre des 17 » publiée dans la presse. Quelques membres de la nouvelle majorité, dont le maire-adjoint aux fiances P. Vidal, ont eux-mêmes qualifié cette lettre de « torchon » (bien qu’aux yeux des agents, la politique budgétaire de M. Vidal soit largement à l’origine de leur malaise).

Dans cette lettre, les « 17 » de la nouvelle majorité le Bohellec-Obadia-Casel portent de graves accusations contre le personnel (en résumé : simulateurs et tire-au-flanc).

Les agents ont réagi en décidant de porter plainte pour diffamation. D’ores et déjà, des huissiers passent chez les « 17 » pour leur demander sur quelles bases ils portent de telles accusations.

Mais puisqu’ils sont agents publics, les personnels ainsi attaqués « dans l’exercice de leurs fonctions » ont droit à une « protection fonctionnelle », c’est-à-dire que l’administration doit prendre en charge leurs frais d’avocats. Ils ont donc écrit en ce sens au maire, qui a déchiré leurs lettres par dizaines… sous prétexte qu’elles n’étaient pas envoyée par courrier recommandé !

Les conflits avec les directeurs généraux

Pendant tout le mois de juin, le directeur général des services (DGS) était en congé maladie, officiellement pour burn out. On soupçonnait un harcèlement de la part de la nouvelle majorité, décidée à éliminer « les communistes et ceux de Montreuil, c’est la même chose » (E. Obadia). Effectivement, dès le retour de notre DGS, Bernard Salzenstein, il y a 10 jours, F. le Bohellec est entré dans son bureau pour lui remettre la lettre le convoquant à un entretien de licenciement, ce jour vendredi. Et ce matin, dans la foulée de l’entretien, il lui a retiré sa délégation de signature.

Nous en saurons plus si M. Salzenstein désire communiquer. On raconte que le maire lui reproche de l’avoir chargé lors des enquêtes sur le harcèlement. Nous témoignons au contraire de l’extrême loyauté de ce haut fonctionnaire à l’égard du maire. Rappelons que c’est F. le Bohellec lui-même qui l’avait embauché, après qu’il ait servi dans des mairies de toutes les tendances politiques, dont Montreuil sous D. Voynet. Nous témoignons notamment de ses efforts constants pour remettre le maire dans la légalité en tachant de lui éviter de nouveaux procès, ainsi que de ses efforts pour « calmer le jeu » et protéger le personnel du harcèlement de la part du maire et de certains de ses adjoints.

Est-ce la raison de l’hostilité de F. le Bohellec ? S’il poursuit dans cette voie, gageons que de nouveaux procès se préparent…

Tenez, encore un : accusé à tort de népotisme (« piston » en faveur d’un membre de sa famille) par un maire-adjoint de la nouvelle majorité, un directeur général adjoint (DGA) porte plainte en diffamation et demande la protection fonctionnelle (voir plus haut). Le maire la refuse. Le DGA porte donc le refus du maire devant le tribunal administratif (sans compter sa plainte contre l’adjoint).

***

Nous en passons sûrement, et de meilleures. Mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est que cette guerre de la « nouvelle majorité » contre les services et contre les associations est d’abord une guerre contre la population, qui a besoin de ces services.

Le maire et ses alliés arrivent en effet à leurs fins : de nombreux agents s’en vont actuellement d’eux mêmes, et ce sont souvent, comme le remarque le rapport de la psychologue du travail, les plus dévoués… Dernière en date : Sarah Cantal-Dupart, responsable de la Gestion Urbaine de Proximité, que les Villejuifois connaissent bien pour avoir sillonné avec elle les rues de la ville, lui exposant leurs problèmes « en marchant ».

(Nota bene : Le logo qui illustre les articles relatifs à crise de la municipalité de Villejuif n’est pas une méchante caricature de M. le Bohellec, mais un extrait de la fresque Les effets du mauvais gouvernement de A. Lorenzetti, dans le Palais municipal de Sienne.)

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Commentaires

4 Messages

  • Natalie Gandais 26 juillet 2016
    00:38

    Je ne sais pas ce que le maire entend par « faisait ses courses dans les services ». Nous avons travaillé avec les agents des services correspondant à nos délégations, dont nous avons grandement apprécié les compétences et le sens du service public.

    Nous avons cependant dû les défendre contre les attaques répétées d’une partie de l’exécutif. Je me souviens des réflexions du maire (« Je ne la sens pas ») et de certains de ses adjoints (« Il est encore là celui-là ? ») ou encore : « Celle-ci ne soutient que des associations communistes » (ce qui, quand on connaît les associations en question, était proprement risible).

    Quant à Sarah Cantal-Dupart, nous n’avons pas réussi à la soutenir. Comment aurait-elle pu continuer à travailler quand ses notes, malgré toutes nos relances, mettaient six mois à être validées par le maire, et quand l’utilité de la GUP était violemment remise en cause devant tous les partenaires au cours d’un surréaliste comité de pilotage ? Il est certain que la commune qui l’accueille maintenant utilisera mieux ses connaissances et son excellent contact avec la population.

    Quant aux associations, il suffisait de voir avec quelle condescendance dégoulinante d’autosatisfaction M. Obadia en parlait au dernier conseil municipal pour comprendre qu’aux yeux d’une partie de l’exécutif, ce ne sont que des machins inutiles voire nocifs. Bon courage à Mme Casel et à M. Mostacci !!

    Par ailleurs, que comme ailleurs certains agents aient de gros problèmes dans leurs services, avec leurs collègues et/ou leur hiérarchie, c’est évident. Cela relève de la gestion des ressources humaines, mais il n’est peut-être pas mauvais que le maire s’en soucie au bout de plus de deux ans de mandat.

    Et, au fait, peut-on faire ses courses parmi les élus ? Parce qu’il y en a quand même deux ou trois qui mériteraient sans doute d’être sauvés du désastre…

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  • rollin coutant 30 juillet 2016
    07:41

    Depuis deux ans nous vivons, les Villejuifois, dans une incertitude du devenir de notre commune, ne sachant pas si cette alliance (contre nature) va tenir....l’élastique se tire et revient et se retend....va-t-il craquer ?
    L’action des Associations de Villejuif qui œuvrent au quotidien sur les quartiers sont de vrais liens avec les populations, aucune commune et pas même L’État ne peuvent se passer de ces groupes de personnes dévouées qui mieux que les exécutifs connaissent les besoins et les attentes de leurs concitoyens.
    Ce serait une grave erreur de les "vilipender" ou même de les ignorer. Toutes ont un rôle.

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  • BENTOLILA Michel 2 septembre 2016
    18:13

    Bonjour,*

    Je suis atterré par le ton de ces articles et commentaires probablement dû à la culpabilité pendante engendrée par le pêché originel de cette alliance "contre nature".
    En effet les contributions à ce site présentent souvent des informations inexactes ou tronquées comme par exemple sur les associations, le quartier Aragon ou l’état de santé du personnel.
    Quelques exemples :
    - sur le personnel, les deux rapports de la médecine du travail et la psychologue : je tiens à vous rappeler que nous avions dénoncé à plusieurs reprises en nous appuyant sur le bilan social de la commune la gestion des ressources humaines, le taux d’absentéisme, la faiblesse de la formation.n, la faiblesse de l’encadrement intermédiaire... etc Faisons attentions que ces deux rapports sont une photographie à un instant T, et on n’a pas eu la projection du film en T-1 ou T-4, la faiblesse de l’échantillon observé par la psychologue ne permet de tirer des conclusions ; enfin je nai pas vu un mot sur l’omnipotence de la CGT appuyée par les élus PCF qui ne cherche qu’à saboter le service public.
    - sur le quartier Aragon, ; il me semblait que l’engagement des habitants résultait de leur opposition au projet Molicone et à la construction de la mosquée en face : les riverains touchés par les riverains de la Zac devant défendre au mieux leurs intérêts particuliers ; il e’st à noté d’ailleurs que les procès intentés par l’association ne concernait que le permis de démolir de la gendarmerie , le contra d’échange avec le CG 94,le bail emphytéotique
    - les associations : malheureusement, Sylvie n’a pas eu le courage politique de faire le ménage à la maison des associations : on a toujours dit lors de nos campagnes qu’il fallait supprimer la mise à disposition de bureau et de matériel dans cet immeuble, que l’argent public communal ne devait pas servir de financer même sous forme d’aide matérielle des "associations " à caractère politique ; jamais VA n’a demandé à avoir un stand à la fête des associations par exemple. Il faut que Villejuif tourne la page, ce n’est plus "leur ville" etil est possible de décommuniser.
    Finalement, il semble que tout allait pas si mal que celà quand EELV était dans la majorité e que tous s’est dégradé depuis votre départ.
    Je n’ai pas parlé à dessein de la Halle des Sports : cette affaire ayant pour ma part était trop loin

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  • Sylvie 3 septembre 2016
    18:33

    Le personnel, personne n’a dit que tout allait bien avant, c’est même pour ça que de nombreux agents étaient contents du changement ; leur déception aujourd’hui est un réel gâchis. Et le manque d’encadrement intermédiaire ne va certes pas s’arranger avec tous ces départs...

    Aujourd’hui il y avait le Forum de rentrée et c’est bien sympa cet espace où tous se côtoient (je rappelle au passage que j’ai obtenu ce mélange des associations sportives et non sportives de haute lutte contre certains élus qui s’en voulaient pas).
    Comme l’écrit Jeanine, ce sont les associations qui font le job et j’ai essayé que chacune ait sa place. Par les temps qui courent on a plus que jamais besoin de tout le monde, plutôt que de polémiques qui n’intéressent que ceux qui les font.

    Quant aux locaux, bien sûr qu’il faut les partager, davantage en fonction des activités que de tendances politiques (certains n’y font que des réunions internes ou du stockage, d’autres, comme le MRAP, reçoivent beaucoup de gens et entreposent des dossiers confidentiels). Quand je suis partie un recensement des occupations (qui, où, quand, quoi, pour quoi, avec ou sans convention...), était en cours, la répartition dépendant du futur schéma directeur immobilier (Natalie est plus au courant de ces choses que moi). J’ai d’ailleurs informé Catherine Casel de ce chantier et je suppose qu’elle le mènera à bien (sauf que pour la Maison des Associations c’est peut-être un peu obsolète, il semble que cela coûterait trop cher de restaurer ce bâtiment très dégradé, qui serait donc plutôt destiné à être vendu).

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