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13 juin 2016

Bataille pour un CASC

Vacances, activités sportives et culturelles, participation au paiement de la crèche, de l’accueil de loisirs… Ces aides au personnel municipal sont prises en charge en partie par la mairie et en partie par le Casc, une sorte de comité d’entreprise géré par le syndicat. La nouvelle majorité impose un changement brutal, en zappant la concertation promise.

Nous pensions que le compromis arraché sur cette gestion des œuvres sociales, suite à la grève de décembre dernier, avait permis de régler les problèmes. La bêtise et l’autoritarisme de la « nouvelle majorité » ont tout fichu par terre.

Nous avions déjà abordé ce problème : c’est là.

Un petit résumé quand même

Tout employeur a l’obligation de définir une liste d’œuvres sociales pour ses salariés et de les financer. Pour les villes, une loi (du temps de Chirac et Villepin !) précise que le conseil municipal doit définir ces prestations et en fixer le financement (aides au paiement de la crèche ou de l’accueil de loisirs des enfants, vacances, loisirs, etc).

Ensuite, une partie est gérée directement par la Ville, une autre par une institution avec laquelle la Ville passe une convention. A Villejuif c’est le Casc (Comité d’actions sociales et culturelles), association locale liée à la Cgt.


Le maire-adjoint aux finances, P. Vidal, pour faire des économies, a suggèré de recourir à une structure nationale, le Cnas. Si on compare les deux « menus », le Cnas offre des services plus divers, pour moins cher. Mais c’est accessible seulement par internet, tandis que deux agents municipaux sont chargés de recevoir leurs collègues pour leur présenter les diverses offres du Casc. Et il n’est pas si facile de comparer, surtout si on tient compte des services rendus directement par la municipalité. En outre les syndicats villejuifois considèrent que le Casc est une chose à eux, locale, qu’ils contrôlent. C’était un des enjeux de la grève de décembre.

Après avoir rencontré les administrateurs du Casc, notre groupe propose alors un compromis : on continuerait avec le Casc jusqu’à l’été 2016 compris, et on profiterait du délai pour organiser, en ateliers avec les salariés, une comparaison systématique entre les deux solutions. Compromis approuvé par le bureau municipal et le maire, à la grande colère de P. Vidal. La grève s’arrête sur ce compromis, voté au conseil municipal de décembre 2015.

Et patatras ! Dès janvier, l’Union citoyenne éclate, notre groupe doit quitter la majorité face à l’alliance le Bohellec-Obadia-Vidal-Casel pour « couvrir » l’affaire de la Halle des Sports.

La concertation-bidon

La nouvelle majorité met la barre à droite toute… y compris sur le Casc. Alors que 647 agents ont signé de leur nom une pétition « Nous voulons garder le Casc », aucune des réunions prévues n’est organisée. Sans y associer les représentants des salariés, « quelqu’un » envoie aux 1500 agents un « sondage », sans en-tête ni signature, genre « Préférez-vous être riche et bien portant ou pauvre et malade ?  ». Les réponses sont anonymes. Le voici :

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Le questionnaire

Une étrange lettre d’accompagnement présente le sondage comme devant permettre de choisir , sans préciser ce qu’offrent le Cnas ou le Casc :

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La lettre

Cette lettre a tout l’air d’un faux : non référencée, non signée, avec un semblant de logo de la municipalité de Villejuif… placé du mauvais côté ! Personne de l’administration n’a pu rédiger ni faire envoyer ce qu’il faut bien appeler un torchon administratif. Pourtant, selon l’équipe le Bohellec (seule admise au dépouillement !), 506 agents ont renvoyé le questionnaire, dont plus de 300 simplement barré des mots « Nous voulons garder le Casc ». Ces bulletins sont déclarés « inexploitables » ! Reste 142 « exploitables » qui permettent à l’équipe le Bohellec-Vidal-Obadia d’affirmer « on passe au Cnas ».

Entrevue avec les syndicats

Début juin, les syndicats et la présidente du Casc demandent à rencontrer de nouveau L’Avenir à Villejuif. Ils ont bien travaillé, comparant sur deux colonnes l’offre du Casc et celle du Cnas. Pour eux, l’avantage du Cnas est qu’il est organisé localement et répond aux besoins de base des catégories aux revenus les plus faibles. Nous sommes très vite convaincus en tous cas que l’équipe le Bohellec-Vidal, violant l’accord de décembre, a saboté le temps de concertation pour imposer en force le Cnas.

Pour nous, c’est inacceptable.

Pourtant, quelque chose nous chiffonne. Un des arguments de MM le Bohellec et Vidal était que l’offre du Casc rencontrait peu de succès. Le dossier des syndicats montre en effet très honnêtement que seuls 30 retraités y ont recours (sur 700 bénéficiaires théoriques) et surtout … seulement 100 agents ont recours à la subvention aux accueils de loisirs ou aux crèches pour leurs enfants !

Comment est-il possible que des agents ne recourent pas à des avantages sociaux auxquels ils ont droit ? Embarras des syndicalistes qui invoquent « le manque d’information ». Bizarre ! Notre groupe vient pour beaucoup de la fonction publique ou du syndicalisme d’industrie. Nous savons très bien qu’un ou une nouvelle venue dans une boite est aussitôt informé par les collègues des avantages sociaux qu’il ne faut pas oublier de demander. Dans l’ancienne majorité Cordillot, des avantages dûs à tous les agents auraient-ils été présentés comme des faveurs individuelles ? Et à quoi servaient les deux salariés ?

Nos interlocuteurs nous expliquent que les remboursements de crèche et d’accueil de loisir, bien qu’inscrits sur la ligne budgétaire « Casc » sont en fait des prestations sociales qui ne transitent pas par le Casc mais qui sont versée directement par la Ville… à celle et ceux qui en connaissent l’existence… Les syndicats ont demandé en vain, depuis plusieurs mandatures, qu’un livret soit distribué aux agents rappelant la liste des avantages sociaux, ou qu’au moins des informations paraissent régulièrement dans le Bulletin Interne du Personnel. C’est la nouvelle directrice des relations humaines qui vient enfin de publier cette liste sur l’intranet des services. Mais tout le monde n’a pas accès à l’informatique, en particulier ceux qui en ont le plus besoin.

Manifestement, une vaste marge s’offrait à la négociation pour améliorer la situation réelle des agents, tant sur les loisirs que sur les avantages sociaux. Une forte attente existait en 2014. C’était l’occasion d’ouvrir un dialogue constructif sur un sujet non politique, avec pour objectif commun l’intérêt de l’ensemble du personnel. Par mépris et par méfiance à l’égard d’un personnel considéré d’entrée de jeu comme hostile et tire-au-flanc, par fuite en avant vers la droite après notre éviction, les groupes de la nouvelle majorité le Bohellec - Obadia-Vidal-Casel ont saboté cet espoir. Encore une occasion lamentablement manquée par l’exécutif.

Nous sommes décidés à voter contre ce coup de force, nihiliste et désespérant.

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Commentaires

2 Messages

  • GINSBURGER-VOGEL Vincent 14 juin 2016
    09:23

    Une petite précision : le CASC n’est pas lié à la CGT... Son conseil d’administration est mandaté par les organisations syndicales représentant le personnel. Il y a donc une nuance de taille : s’il existait en mairie de Villejuif une autre organisation syndicale elle pourrait donc participer à l’administration du CASC, comme cela est prévu dans les statuts de l’association...

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    • Alain Lipietz 14 juin 2016
      16:56

      Je confirme. La Ville de Villejuif a passé une convention avec le Casc en tant que prestataire de service, pas en tant que lié à la CGT. Les services du Casc sont ainsi un service de la Ville, financé par les contribuables. Le lien entre le Casc et la Cgt est toutefois revendiqué ainsi : « Les administrateurs du CASC veuillent aux respect des orientations définies par la CGT, dont ils sont élus, quant aux activités sociales et culturelles qui vous sont proposées. » C‘est un peu comme les écoles privées sous contrat : elles peuvent « suivre les orientations de l’Église » mais l’État les paie à enseigner un programme précis.

      Les Casc sont fédérés dans une structure nationale, l’Unass-CT.

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