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10 juin 2016
Natalie Gandais

Villejuif et les violences faites aux femmes

Dans Le Parisien ces jours-ci, à propos de Villejuif, deux méchantes affaires de violences faites aux femmes.

Le 6 juin, c’est à propos du procès d’une agression remontant à 2013 : une femme, battue et menacée de mort par son compagnon, revient visiter leur appartement en compagnie de 6 policiers, elle manque de peu de se faire assassiner par lui malgré son escorte.

Puis, le 7 juin, le récit du cambriolage d’une bijouterie suivi du viol de l’employée, pendant 20 minutes, en plein après-midi, dans la rue principale. Un crime qui s’était déroulé le 12 mai dernier.

Je voudrais d’abord exprimer ma profonde solidarité avec les deux victimes, et mon dégoût pour les hommes qui infligent ces calvaires. Et au-delà, en femme politique, je dois bien m’interroger sur le « que faire » ? La justice jugera ces hommes, des psychologues, des amies, des amis aideront ces femmes. Mais que faire pour que cela ne se reproduise pas, ou beaucoup moins souvent ?

En France, tous les 3 jours, une femme est tuée par son compagnon. Ces deux crimes (faut-il rappeler qu’un viol est un crime, non un délit ?) rappellent avec horreur les menaces pesant sur toutes les femmes, en particulier à Villejuif.

Car Villejuif dépasse (et de loin) la moyenne départementale, que ce soit par le nombre de « vols avec violences commis sur une femmes » ou par le nombre de « violences conjugales » ! C’est le principal enseignement du diagnostic de sécurité présenté au public lors de la suspension du conseil municipal du 20 mai, et c’est devenu une question politique.

Pourtant, lors de ce conseil, le premier magistrat s’est bien gardé de faire référence au viol commis la semaine précédente dans la bijouterie... Ce jour-là, j’ai regretté publiquement que le remarquable travail du cabinet Spallian sur la politique de tranquillité publique et ses recommandations en matière de prévention ait été escamotés au profit de la solution miracle imposée sans débat par MM le Bohellec et Carvalho : « vidéoprotection » et police municipale armée.

Ces deux affaires montrent, hélas, que cela n’aurait servi à rien !

Les policiers (nationaux) qui accompagnaient la victime du crime de 2013 étaient armés, et heureusement, et ils étaient venus à 6 : la Police nationale ne rechigne pas aux tâches dangereuses mais précises. Elle n’a plus les moyens de patrouiller en « préventif » : Sarkozy les lui a ôtés, Valls ne les lui a pas rendus, c’est pourquoi nous demandons depuis 2013 la création d’une police municipale. Mais intervenir contre des criminels ou délinquants « repérés » n’est pas, ne sera pas le boulot de la police municipale. 



Son boulot, c’est la proximité et la prévention des troubles. Aurait-elle dissuadé les jeunes cambrioleurs-violeurs d’attaquer une bijouterie rue Jean Jaurés en pleine après-midi ? Peut-être, si le hasard les avait placés au bon endroit… En toute cas ce qui est sûr c’est que la soi-disant vidéoprotection n’a aucunement protégé l’employée de la bijouterie. Car il y avait bien une caméra dans la bijouterie : « C’est impressionnant de bêtise et de violence, hallucine un policier. Ils n’étaient même pas cagoulés, ni gantés. Toute la scène était filmée par la vidéosurveillance ».

Et le surlendemain, ce qu’avait enregistré la caméra n’a même pas été exploité, puisque les criminels ont pu être contrôlés pour un vol de moto et s’enfuir sans être reconnus.

Tout de même, la vidéo a permis - plus tard - de les identifier : deux ados (14 ans) ! Des jeunes qui sont à ce point sans repères que non seulement ils se croient tout permis sur le corps des femmes, mais ne considèrent même pas que c’est un crime plus grave que de voler une moto.

Pendant deux ans, nous avons tenté de faire comprendre au maire qu’il y a à Villejuif une tranche d’âge laissée à l’abandon : les ados. Seul un mouvement de prévention, avec les structures ouvertes, l’aide aux parents, l’éducation à la non-violence, aurait pu y faire quelque chose. A la demande d’une Villejuifoise qui avait organisé un débat en plein air parvenu à cette conclusion, nous avions organisé une réunion de plusieurs services pour voir que faire. Tout cela a été balayé après notre éviction.

Ainsi que je l’ai rappelé lors de la présentation du cabinet Spallian, quand j’étais adjointe en charge du logement et de l’habitat, j’avais prévu d’organiser un forum-rencontre des bailleurs et des associations locales, pour faciliter l’organisation d’activités de prévention en pied d’immeuble, particulièrement destinées aux ados. Une fois destituée par le maire, étant encore vice-présidente de l’Office Public de l’Habitat, j’avais obtenu la promesse du président que nous pourrions réaliser cette rencontre. Hélas, le maire a mis son veto…

J’avais un dernier espoir qu’au moins, en interne de l’OPH, on pourrait décider que les nombreuses boutiques vides de la rue Le Bigot seraient occupées, moyennant un loyer moins élevé que les loyers commerciaux, par des associations ou des entreprises solidaires à vocation sociale. Plusieurs étaient candidates. Môm’Artre, en particulier, avait longuement travaillé un projet adapté à la situation de Villejuif : des ateliers artistiques (périscolaires) pour les enfants et les ados, avec des tarifs à partir de 20 centimes l’heure, et une large amplitude horaire. Mais là encore, j’ai essuyé un refus. L’OPH préfère installer un deuxième marchand de légumes…

Je ne dis pas qu’en 6 ans nous aurions pu régler ce problème de société, mais au moins engager des actions et réduire les risques pour les filles et les femmes de Villejuif. Ce sera la tâche de la prochaine équipe municipale…

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Commentaires

1 Message

  • Sylvie Thomas 10 juin 2016
    17:56

    Il y a à la mairie une chargée de mission lutte contre les violences faites aux femmes, qui estime que ses actions touchent à leurs limites et souhaite les élargir en coordination avec d’autres services, si on lui en donne la possibilité.
    Il y a aussi un service prévention, qui attend toujours qu’on définisse ses missions.
    Les quelques éducateurs de rue sont envoyés par le Département, non par la Ville et ils n’interviennent pas sur le centre. D’ailleurs depuis la fin de l’espace jeunesse, personne n’intervient sur le centre-ville, aucun animateur n’y mène d’actions visibles. Il est vrai que vu l’état lamentable du service jeunesse...
    Nous avions proposé un projet jeunesse qui est parti à la poubelle, les autres adjoints étant horrifiés qu’on se mêle ainsi de leurs délégations. J’avais demandé une réunion avec les associations de jeunes, qui n’a jamais eu lieu, sans doute pour la même raison.
    La jeunesse est pourtant le thème par excellence qui pourrait, devrait, être travaillé transversalement, dans l’intérêt de tous, en partenariat avec les services, les associations, les habitants, les commerçants... Encore une occasion manquée.

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