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19 avril 2016
Alain Lipietz

Massive dé-densification sur la ZAC Aragon

Vendredi 15 avait lieu la présentation de « l’ilot B1, partie bureau, sur la RD7 ». C’est plutôt bien. Mais le maire se montre menaçant envers les habitants du quartier.

On se souvient que le petit Manhattan prévu par la Sadev et Mme Cordillot sur la ZAC Aragon, avec sa tour de 41 mètres sur le terrain Mollicone, n’avait pas pesé pour rien dans la défaite de l’ancienne équipe. Les femmes qui avaient porté la lutte, telle Isabelle Hamidi, avaient rejoint notre liste ou du moins soutenu l’Union citoyenne. Dans le bureau de vote Robespierre, l’UC l’avait emporté de 300 voix, sur les 800 voix d’écart à l’échelle de Villejuif.

Nous avions d’abord tenté de reprendre tout à zéro. Mais la Sadev et Mme Cordillot avaient bien verrouillé les choses : les indemnités de dédit auraient été énormes. Nous avons adopté une autre solution (que L’Avenir à Villejuif avait préconisé dans la campagne municipale) : négocier avec la Sadev pour éviter les dédits. Un promoteur unique a été trouvé, Promogerim/Legendre, qui renonçait au programme démentiel et acceptait notre nouveau PLU, nettement moins dense, nettement moins haut, donc nettement moins "fructueux", et la Sadev lui vend les droits à construire tout en restant aménageur.

Mais nous avons conservé le joli petit programme en accession sociale à la propriété, rue des Vaux de Rome, en R+2 et même nous avons encouragé sa commercialisation dès la première année.

La seconde étape, il y a quelques mois, a été la présentation et la mise en commercialisation de la partie de l’ancien ilot Edf (ilot B1a) destinée aux logements : c’est la « résidence Apollinaire » de l’opération « Beau quartier-Aragon » dont vous pouvez visiter l’appartement témoin sur le terrain Mollicone (autre haut-lieu des luttes urbaines de 2013 !) en bordure de la RD 7. Opération conçue en R+4 ou R+3 autour d’un vaste patio végétalisé, conformément au nouveau PLU.

Des bureaux moins massifs

Donc vendredi Promogerim, en présence des riverains, des adhérents de l’association Aragon et du maire, présentait la partie bureau, en façade de la RD7, occupant en gros l’espace de l’actuel hôtel, de la rue de la Commune, de l’ancien immeuble EDF.

L’excellent site 94-Citoyens vous donne l’essentiel des explications.

Promogerim a choisi un architecte qui a proposé un style de façade « parisien et pas ville-nouvelle » (selon ses dires), c’est à dire assez austère et élégant, évitant les sempiternelles façades de verre (dévoreuses de clim’) des décennie précédente, genre LCL, agrémentée au milieu par une placette triangulaire ouvrant par un vaste portique sur un patio intérieur végétalisé.

Bon, c’est son choix, celui d’une entreprise privée : pas de concours public ! Mais pour le reste, il observe scrupuleusement le « dégradé de hauteurs » détaillé par le PLU-Gandais de décembre 2015 : R+7 en façade sur la RD7, puis deux ailes B1c et B1d sur l’arrière encadrant le patio, en dégradé : R+ 5 puis R+ 4, faisant transition
avec la résidence Apollinaire (R+4 ou 3), la résidence de la rue de Rome R+ 2 et enfin le pavillonnaire.

Le toit est végétalisé (c’est maintenant obligatoire selon le PLU), mais pas les murs (LCL n’est pas très convaincant…) . L’ensemble bureaux + Apollinaire est séparé des résidences du Massif Central et relié à la rue de Rome par une coulée verte de 26 mètres de large.

Justement, des habitants du Massif Central s’inquiètent de cet immeuble devant chez eux. Heureusement, les photos aériennes du site avec l’immeuble EDF sont encore disponibles en 3 D et sous tous les angles sur le « mode Plan » des iPhones. J’interviens pour souligner la différence : là où s’élevait une barre en R+11, les habitants du Massif Central verront, à la même distance de leurs fenêtres, une barre crénelée en R+7 sur leur droite , en R+5 et R + 4 devant leurs fenêtres.

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L’ancien immeuble EDF et l’actuel hôtel vus (vers le sud) du Massif Central (immeubles en L en bas)

Mais la comparaison est encore plus frappante avec l‘ancien projet de la Sadev ! Un correspondant de 94-Citoyens l’a retrouvée. Voici une « vue d’artiste » depuis l’angle du Massif Central. La façade du projet Promogerim y était occupée par le "petit" bloc de verre de même hauteur R+7 et de même volume que sur l’actuel projet, à droite sur la « vue d’artiste » :

Mais derrière était prévue une forêt de tours R+9, là où on aura les R+5 et R+4 de bureaux puis la résidence Apollinaire, avec deux grands patios ouverts au public et une coulée verte. Comme annoncé, le nouveau projet se traduit par une baisse massive de la densité et une extension de la « pleine terre ».

Je m’inquiète pour l’actuelle piste cyclable qui passe devant la façade : sa route sera coupée par les voitures entrant et sortant du parking souterrain de l’immeuble (dont le 3e sous-sol se substituera peut-être à l’actuel parking aérien du métro). Le promoteur me précise que le trottoir sera encore élargi, la piste conservée, et qu’il y aura un feu tricolore, y compris un feu-cyclistes.

Menaces du maire, promesses du promoteur

L’exposé ne prévoyait pas le cas du « triangle des expropriés », à l’angle de Maxime Gorki et de Louis Aragon, destiné à une « zone d’hôtels B1d » : ce sera pour une étape ultérieure.

Mais bien sûr, nos amis de l’association qui habitent sur place sont là. Ils ont été le fer de lance de la lutte de 2013, et s’inquiètent de leur sort. En 2014 l’association des riverains avait invité toutes les têtes de listes. Mme Cordillot avait décliné, et tous les autres, Natalie Gandais, F. le Bohellec , JF Harel et P. Vidal s’étaient prononcés contre les expropriations.

Aujourd’hui, le maire le Bohellec leur répond d’un air menaçant :« Le 20 mai, je ferai adopter par le Conseil municipal une Déclaration d’Utilité Publique, et à partir de ce moment, ce sera l’expropriation au prix des domaines."

Stupeur dans l’assistance. La DUP, qui permet les expropriations, avait été votée par l’équipe Cordillot, et validée par la Commission d’enquête publique en mars 2014, au grand scandale des habitants mobilisés dans notre association. Mais l’Union citoyenne avait promis de ne pas la promulguer : il suffisait de ne pas le demander au préfet, ce qui fut fait. Pour exproprier il faut désormais la revoter. Depuis des mois, F. le Bohellec essayait de le faire, mais ne pouvait pas le faire sans la signature de Natalie Gandais, déléguée à l’urbanisme, qui bloquait, confiante dans la possibilité d’une négociation avec Promogerim. Et maintenant qu’il l’a virée, F. le Bohellec peut passer à l’attaque contre les habitants.

Et c’est le promoteur qui se précipite pour calmer le jeu : « Mais non ! Nous n’avons pas besoin de DUP. Nous avons tout notre temps. Nous allons sûrement, tranquillement, trouver une solution : soit vous acheter votre maison à l’amiable, soit vous trouver un autre logement, ici ou dans une autre ville, comme vous voudrez ! Prenons rendez-vous tout de suite ! »

Le monde à l’envers : un maire menace ses propres électeurs, et c’est le promoteur qui cherche la solution à l’amiable. S’agit-il d’une vengeance personnelle de le Bohellec, parce que plusieurs habitants du « triangle » étaient sur la liste l’Avenir à Villejuif, maintenant dans l’opposition ? Compte-t-il pouvoir s’assurer une majorité avec MM Harel et Vidal qu’il entrainerait dans son parjure ?

Où compte-t-il sur l’appoint de Mme Cordillot ?

Désavoué par Promogerim, le maire bat en retraite. Mais maintient-il son projet de DUP ? Réponse le 20 mai.

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