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Conseil municipal du 16 décembre 2015 (1)

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17 décembre 2015
Alain Lipietz

L’Union citoyenne éclatée au « T12 »

Conseil mouvementé, terminé à 3 h du matin ! L’Union citoyenne s’est divisée sur les délégations au « Territoire T 12 » qui va remplacer le Val de Bièvre, mais aussi sur la ZAC Campus Grand Parc.

L’excellent site 94 Citoyens titre : « Ont été élus 5 conseillers de gauche et 3 de droite ». Un peu exagéré, mais voyons ça, avant de revenir plus tard sur les votes principaux concernant l’urbanisme.

La règle du jeu

Le T 12 est l’immense territoire qui va, au 1er janvier, englober le Val de Bièvre, toute la rive gauche de la Seine en Val de Marne, plus Valenton et Villeneuve Saint Georges, et toutes des villes de l’Essonne jusqu’à Viry-Châtillon, dans la banlieue d’Evry, avec une population qui en ferait la troisième ville de France…

Pour le Conseil de cet ensemble, Villejuif a 8 délégués, qui doivent avoir été élus au Val de Bièvre en 2014 (ce qui limite les candidatures possibles). Ils sont élus en deux temps par le conseil municipal.

D’abord on élit un conseiller à la Métropole du Grand Paris. La place revenait légitimement à un représentant de notre alliance, l’Union citoyenne, qui dirige Villejuif depuis avril 2014. Et au sein de celle-ci, c’est le maire Franck le Bohellec qui se présente (comme dans la plupart des villes). Nous aurions préféré que ce ne soit pas lui, qui cumule déjà, depuis une semaine, avec le Conseil régional, mais une autre personne issue de sa tendance. Enfin bon. Les 31 conseillers municipaux de l’Union citoyenne votent pour lui, et il est élu.

L’élu au Grand Paris participe automatiquement à ce conseil du T12. On doit élire les 7 autres à la proportionnelle « à la plus forte moyenne ». Le calcul est vite fait (enfin... une fois qu’on a le bon tableur) : si l’Union citoyenne présente une liste unique, cela fait 1 délégué pour les 10 de l’opposition PCF-PS issus de la liste Cordillot et 6 délégués de plus pour l’Union citoyenne, soit 7 « UC » en tout. Le groupe FEI de JF Harel, avec ses 3 conseillers municipaux, ne peut prétendre à aucun délégué.

Le conflit

En fait les tensions commencent dès le mois d’octobre. A cette époque on prévoyait que Villejuif aurait 9 délégués, le calcul montrait que l’opposition PCF-PS en aurait 2, donc déjà à l’époque 7 au total pour l’Union citoyenne.

Comment les répartir ? Calculette en main, on voit tout de suite que les 7 conseillers municipaux de L’Avenir à Villjuif et les 6 de VilljuifNOTREVille (liste « divers gauche », Catherine Casel, élue seconde sur cette liste, ayant en fait pris son indépendance) ont droit à 3 délégués. Nous nous réunissons à deux reprises et tombons d’accord pour un choix raisonné :

-  Philippe Vidal, adjoint aux finances, doit y participer, car il faudra négocier le « pacte fiscal et financier » liant les villes du T 12.
-  De même, Natalie Gandais, qui achève à l’époque l’épuisante élaboration du PLU dont elle a la délégation, devra le défendre au T 12 car au bout de quelques années l’urbanisme reviendra sans doute à la Métropole ou au T12.
-  Et enfin moi, en tant que vice – président du Val de Bièvre en charge de l’Économie sociale et solidaire.

En outre, nous demandons que, si un membre des partis de centre-droit de l’Union citoyenne est élu à la métropole, alors un membre de nos 2 groupes soit élu au bureau exécutif du T12. Ou l’inverse. Et nos deux groupes s’accordent pour me proposer.

Dès la première discussion entre les quatre groupes de l’UC, les présidents du groupe NDPV (Mahrouf Bounegta) et Vivre à Villejuif (Edouard Obedia) exigent 5 délégués pour eux et 2 pour nous, déclarent que c’est à prendre ou à laisser, et quittent la table.

On a tous autre chose à faire. On passe par un moment de flottement car, avec l’arrivée tardive au T12 de Valenton et Villeneuve StGeorges, le nombre de conseiller pour Villejuif passe de 9 à 8. La situation reste figée jusqu’à la veille du vote… où le groupe VilljuifNOTREVille se rallie aux groupes de centre-droit ; ils nous proposent une liste intégrant ma candidature et celle de Philippe Vidal, mais dont Natalie Gandais est éliminée, placée en dernière position, inéligible.

En outre je suis placé en avant -dernière position, c’est à dire que e ne suis élu que s’il y a bien 31 voix pour la liste unique. Or un membre de la liste de M. Vidal nous avertit que celui-ci votera pour la liste d’opposition afin d’éliminer notre dernier éligible.
Nous n’épiloguerons pas sur les raisons de ce comportement…

Il est bien évident que nous ne pouvons pas accepter cette élimination de Natalie, et le risque que je le sois aussi. Nous annonçons que si c’est ainsi nous présenterons notre propre liste, comptant bien que la raison, et pas seulement la représentation proportionnelle, mais l’intérêt pour Villejuif et pour l’Union citoyenne de compter Natalie dans sa délégation, finiront par l’emporter.

Le vote

Avant le vote, suspension de séance. Il est déjà minuit passé. Les ambassades se multiplient. Il est clair que si l’UC présente deux listes de candidats, alors la liste « ex-Cordillot » conduite par le communiste Franck Périllat et le socialiste Dominique Girard aura deux élus. Le choix pour E. Obadia et M. Bounegta est clair : faire élire ou Natalie Gandais (s’il n’y a qu’une liste) ou D. Girard (s’il y en a deux). Franck le Bohellec les adjure qu’il n’y ait qu’une liste. Réponse d’E. Obadia : « Nous préférons faire élire un PS plutôt que Natalie. »

C’est donc ce qui se passe. L’Avenir à Villejuif , avec ses 7 voix, obtient un délégué au T12 (moi), les 3 autres groupes de l’UC en obtiennent 4 (en complément de Franck le Bohellec) : Annie Grivot (groupe Obadia), Philippe Vidal, Elie Yebouet, Catherine Casel ; la liste PCF -PS obtient, comme on nous l’avait murmuré, 11 voix au lieu de 10, Franck Périllat et le socialiste D. Girard sont élus.

Le bilan

Il est un peu exagéré de dire que cela fait « 5 de gauche, 3 de droite », car Catherine Casel était sur la liste au titre du groupe Obadia. Mais elle garde évidemment sa liberté de penser et de voter comme elle veut au T 12, assemblée qui sera forcément répartie selon les familles politiques (droite, écolos, socialistes, communistes…)

En tout cas le bilan du choix de M. Bounegta et E. Obadia est lourd pour la droite et pour l’UC. Comment l’expliquer ?

On pourrait se dire qu’en privilégiant comme objectif l’élimination de Natalie ils cherchaient à minimiser le poids de la gauche et des écolos au T 12 ? Nous avons vu par la réponse de E. Obadia que ce n’était pas le cas : il savait pertinemment où le menait sa tactique.

Qu’un socialiste soit élu n’était évidemment pas un problème pour nous (ni pour P. Vidal), même si l’expérience du Val de Bièvre, gouverné par un exécutif allant de l’UMP (LR) aux communistes montre que ça n’a pas grande importance entre élus locaux. Mais de temps en temps ça en a une, c’est pourquoi au Val de Marne, EELV, PS et PCF gouvernent ensemble. Mais pour E. Obadia ? Qu’y gagne-t-il ?

Il faut donc en conclure que l’élimination de Natalie était au dessus de toute autre considération politique pour E. Obadia et M. Bounegta, et Ph. Vidal.

Mais alors pourquoi ?

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