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13 octobre 2015
Natalie Gandais

Où en est l’accueil des réfugiés à Villejuif ?

Un mois après le début de la mobilisation nationale, nous en sommes à 4 logements « officiels ». Faut-il aller plus loin, plus vite ?

Comme nous l’avions expliqué dès le début, Villejuif s’engage dans la solidarité envers les réfugiés qui fuient actuellement en masse l’horrible guerre de Syrie et la dictature d’Érythrée, de deux façons :

Directement, par la mobilisation des individus et des familles de Villejuif. Des Villejuifois accueillent déjà des réfugiés chez eux, d’autres apportent des dons au Groupe d’Accueil et de Solidarité.

- En tant que municipalité, nous nous inscrivons dans l’actuel plan national, qui prévoit 24 000 accueil en deux ans. Le soutien gouvernemental a deux volets : une prime de 1000 euros par place d’accueil, et surtout le financement de l’accueil et de l’accompagnement via des associations agrées.

Pour identifier des logements destinés à accueillir des réfugiés, j’ai organisé une rencontre entre les bailleurs sociaux de Villejuif et les associations de solidarité locales. Parmi eux : l’OPH, Valophis, un collecteur du 1% patronal, le Secours populaire, le Secours catholique, la Ressourcerie, les Restos du cœur, le GAS, Coallia et la PSTI. Cette dernière gère depuis longtemps les résidences sociales Germaine Tillion, rue Jean Jaurès et Anthonioz De Gaulle, rue de Chevilly… qui sont pleines !

Un mois plus tard, le très dynamique président de la PSTI peut nous proposer 4 appartements, les uns pour abriter des demandeurs d’asile, les autres pour des réfugiés qui auront obtenu le statut.

Arithmétiquement, 24 000 accueils en France, cela fait pour Villejuif (un millième de la France) 24 personnes, soit 4 familles de 6 personnes. Nous avons donc quasiment tenu les objectifs fixés pour deux ans ! Faut-il aller plus loin ? Le débat fait rage sur quelques sites depuis le premier jour. Le maire posera la question au préfet.

D’un coté, on fait observer que ce « quota » français est ridicule devant l’ampleur de la catastrophe humanitaire qui submerge le monde méditerranéen. C‘est par millions que les réfugiés s’entassent dans les pays voisins des zones de crise. Ceux qui partent plus loin, jusque vers l’Europe, sont les plus riches (au départ…) et surtout les plus qualifiés. Certaines petites villes françaises l’ont compris, comme Pouilly en Auxois (60 réfugiés pour 1500 habitants) : elles y voient le moyen de revivifier leur territoire.

Mais Villejuif est depuis longtemps en « crise de l’hébergement » : immigrés ordinaires, mères de famille qui se retrouvent seules, locataires des marchands de sommeil dans des conditions souvent indignes, etc. La « concurrence des victimes » joue à plein sur les réseaux sociaux internet.

Certes, il faut faire la part de l’hypocrisie de ceux qui chipotent sur les Syriens au nom des Roms dont déjà ils ne voulaient pas, ou des mères célibataires qu’ils méprisent sauf si elles sont bonnes catholiques (on voit de tout sur Internet !). Mais pour moi, en tant que maire adjointe au logement et pour Annie Grivot, ma conseillère déléguée (et infiniment dévouée envers la détresse humaine), c’est une réalité pure et simple : nous avons très peu de places d’hébergement dans cette ville, et nous n’avons pas attendu le flux des Syriens pour le constater.

Cela remonte à l’ancienne majorité : souvenons nous de la bataille qu’il a fallu mener pour faire rouvrir le 60 rue Delaune, la cession à bail de l’ancienne gendarmerie, initialement destinée à un centre d’hébergement, pour faire construire une mosquée concurrente à celle de Rachad (ave nue Youri Gagarine), l’opposition de la « gauche » à un budget « hébergement », qu’elle oppose au logement social, etc.

L’hébergement n’est pas le logement social. Le logement social est un logement normal mais à un loyer modéré, ouvert en France aux classes moyennes (la grande majorité des Français a le droit d’habiter en HLM, ce qui n’en fait pas un « droit à un HLM »). L’hébergement est au contraire l’application d’un droit humain, le droit au logement. Il implique un accompagnement social, souvent linguistique et professionnel, parfois médical : c’est une des missions de la PSTI.

Je pense qu’il faut donc raisonner envers les réfugiés en terme d’hébergement, auquel ils ont droit comme tout être humain se trouvant en France, ni plus ni moins : comme un sas vers le logement social pour une partie d’entre eux qui veulent devenir Français, comme un lieu d’attente avant de rentrer chez eux pour une autre partie. (Dans leur tête à eux, c’est ce qu’ils espèrent très majoritairement, mais nous savons que l’Histoire est tragique et cruelle).

Dans ces conditions, la stratégie « Pouilly en Auxois » me semble la bonne : il faut les loger en priorité là où le terrain est peu cher, là où les Hlm se vident, et ce n’est pas forcément au fond du Morvan, mais dès Compiègne...

Enfin, je pense qu’il serait grand temps, en France, d’organiser la mobilité des migrants de toutes origines, souvent qualifiés et déterminés à s’en sortir, vers des territoires moins tendus dans le domaine du logement et surtout dans celui de l’emploi ! Oui, nous connaissons des entreprises qui cherchent des salariés dans des villes où il y a des HLM vides. Avec Annie Grivot et Monique Lambert Dauvergne (maire adjointe en charge des affaires sociales), nous y travaillons à notre modeste mesure.

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