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16 septembre 2015
Natalie Gandais

Villejuif au secours des réfugiés

Samedi 12 septembre, je représentais Villejuif au rassemblement des 600 maires venus écouter le ministre de l’Intérieur, M. Cazeneuve...

...pendant que le maire, Franck le Bohellec, animait au MacVal une table ronde prévue de longue date sur la gare IGR (on vous la racontera aussi).

Le samedi précédent, nous avions décidé de prendre notre part de la solidarité nationale. Nous étions sous le choc de « la photo du petit Aylan » (qui n’était pourtant pas la première, mais nous y avons toutes reconnu nos angoisses de parents). Du coup, le mardi suivant, des membres de la commission sociale de Villejuif s’inquiétaient : nous avons déjà une telle charge de misère dans cette ville, pourquoi s’occuper en plus des réfugiés ?

Vous avez sans doute lu ce que le ministre a annoncé (voyez ici la documentation du ministère) : ouverture de nouveaux centres d’hébergement (CADA), recherche de logements pérennes une fois obtenu le statut de réfugié, ouverture de financements spécifiques (le "plan migrants") pour les associations qui se chargent de l’accompagnement social, et 1000 euros pour chaque place d’accueil créée par les communes ou des particuliers. Il annonce également un plan de lutte contre les passeurs, indiquant que souvent ils appartiennent aux mêmes filières qui trafiquent la drogue et les armes. Ca m’intéresse : peut-être que la France se décidera aussi à lutter contre ces trafics qui pourrissent la vie de nos banlieues !

Plus intéressants encore étaient les interventions des invités à la tribune, et des maires dans la salle. Un seul maire (FN) a osé s’opposer à la solidarité. Il a déclenché un immense mouvement de réprobation. Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de problèmes : ils ont été abordés.

D’abord, le représentant du Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU est venu rappeler que la tâche demandée à l’Europe est minime par rapport à ce que le HCR a l’habitude de traiter. Les réfugiés s’entassent d’abord dans le pays lui-même ou les pays voisins (comme en France pendant la guerre de 14), en espérant pouvoir rentrer chez eux. 2 millions de Syriens sont sous la tente en Turquie, 1 millions et demi en Jordanie, autant au Liban. Dans ce pays, déjà régulièrement détruit par l’aviation israélienne et les luttes entre milices, ils représentent un tiers de la population. Il est assez normal que nos riches pays prennent une part du secours aux tragédies de ce monde.

La France, en promettant d’accueillir 24 000 réfugiés en deux ans (quand en Allemagne on compte en centaines de milliers) n’est pas très généreuse : nous sommes 36000 communes, il suffirait que deux communes sur trois accueillent… un réfugié !

Puis Louis Gallois, président de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS), rappelle que la faiblesse de la France en matière d’hébergement d’urgence ne date pas de l’arrivée des Syriens, Irakiens, Erythréens et Soudanais, fuyant l’aggravation des guerres et des dictatures. « Chaque jour, la moitié des appels au 115 n’aboutissent pas, et des familles, des bébés, dorment dans la rue. » J’applaudis, car c’est un problème que j’affronte trop souvent avec Monique, adjointe aux affaires sociales et Annie, déléguée au logement. De nombreux maires se joignent à mes applaudissements.

Puis viennent les témoignages des maires, qui bricolent déjà, sans attendre l’État. Le maire de Pouilly en Auxois, village de 1500 habitants qui accueille une soixantaine de réfugiés, explique qu’il a choisi de ne recevoir que des célibataires, car sa vile n’a pas les moyens de scolariser d’autres enfants. La maire de Rennes souligne l’importance de ces initiatives des communes petites et moyennes, où la crise du logement n’existe pas, où il y a des dizaines de milliers de HLM vides.

A Villejuif, nous devons tenir compte de tout cela. J’avais organisé il y a quelques mois une rencontre des bailleurs sociaux avec les associations de solidarité, pour avancer sur cette question de la crise de l’hébergement et trouver des solutions plus efficaces que le 115. Aujourd’hui, une convention existe entre notre OPH et la PSTI (association pour la Promotion Sociale par le Travail et l’Insertion), qui permet de recevoir 7 réfugiés.

Lundi prochain, nous recevrons une nouvelle fois bailleurs et associations de solidarité locales pour voir comment nous pourrons proposer d’autres appartements aux réfugiés, sans que cela vienne en soustraction de notre effort pour les Villejuifois en situation de logement indigne.

Quel dommage que l’ex–gendarmerie soit fermée depuis des années à cause du bail que l’ancienne municipalité a offert pour la construction d’une seconde mosquée ! L’affaire est toujours bloquée par la résistance de l’association cultuelle qui n’en fait aucun usage tout en tergiversant les autres sites que nous lui avons proposés...

Heureusement la solidarité se développe aussi chez les simples particuliers. À Villejuif, la bonne adresse pour les bonnes volontés, c’est le GAS (Groupe d’Accueil et de Solidarité) !

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Commentaires

1 Message

  • Alain Lipietz 18 septembre 2015
    11:55

    -  La France va recevoir en deux ans de façon « planifiée » par l’Union européenne 24 000 réfugiés. Pour une ville comme Villejuif (un millième de la population française), cela fait 24 réfugiés en deux ans (1 par mois), qui s’ajouteront, non aux « candidats à une HLM », mais aux candidats à l’hébergement d’urgence. C’est un problème supplémentaire à traiter, ce n’est pas un raz de marée comme dans les pays voisins de la Syrie ou du Soudan.

    -  La « commissions sociale » dont il est question dans l’article de Natalie regroupe chaque semaine autour de la maire-adjointe aux affaires sociales (Monique Lambert) d’autres représentants de la ville et des associations de solidarité. Elle distribue le « petites aides » (parfois quelques dizaines d’euros), s’occupe des très pauvres qui ne peuvent pas payer la cantine etc. Il est donc normal qu’elle soit la première à s’inquiéter de savoir si l’aide aux refugiés viendra ou non en soustraction de son petit budget face à l’immensité de la misère humaine.

    -  Les « 1000 euros par réfugié » promis par Cazeneuve peuvent sembler une mauvaise blague faite aux Villes. En fait c’est plutôt une prime pour « trouver un accueil ». Les frais de l’accueil (paiement d’un loyer, d’une équipe d’action sociale) seront à la charge de l’État, via des subventions aux associations, comme à la PSTI dont il est parlé à la fin de l’article, qui va payer un loyer à notre OPH pour les 7 premiers refugiés de ce nouveau plan.

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