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Conseil municipal du 26 Juin 2015 (1)

Imprimez !
30 juin 2015
Alain Lipietz

Le PLU est voté !

Après une année de consultations et de réflexion, le conseil municipal du 26 juin a « arrêté » le nouveau projet de Plan Local d’Urbanisme. Il traduit pour l’essentiel les demandes des habitants, dont la révolte contre le PLU de 2013 avait largement contribué à la victoire de l’Union Citoyenne.

Ce vote n’est encore qu’une étape. Les « personnes publiques associées » (l’État, le département, le Val de Bièvre, la RATP...) vont maintenant réagir. L’enquête publique sera ouverte en septembre, des corrections pourront être faites en fonction de toutes les remarques, le Conseil municipal « approuvera » définitivement le PLU en décembre.

Plein de « bons points »

Première réaction, lue en conclusion du débat municipal par Natalie Gandais, 1ere adjointe en charge du dossier : les félicitations de la Direction de l’environnement Ile de France, qui a trouvé le Plan d’aménagement et de développement durable (seconde partie du PLU) d’une telle qualité qu’elle dispense la Ville de réaliser une étude d’impact environnemental du nouveau PLU.

Comme nous l’avions annoncé, le projet fait droit à la plupart des vœux des Villejuifois, fidèlement retraduits par l’équipe du bureau d’étude. La zone de construction à 31 mètres est supprimée : normalement Villejuif culminera à 21 mètres.

Grâce à la récupération de la moitié du Terrain des Maraichers (nous aurions préféré la totalité…) et du « terrain Rameau », qui compensent la perte du nord-ouest du parc des Hautes bruyères abandonné à la Sadev, les espaces verts ouverts au public seront légèrement augmentés. L’opposition « de gauche » a critiqué notre projet d’implanter un centre équestre sur le terrain Rameau, oubliant que sur la parcelle du parc que la Sadev va urbaniser, le Conseil général du 94 avait prévu un poney-club.

Dans le détail, quantité d’améliorations de détails « dé-densifient » Villejuif, et la rendent écologiquement plus « résiliente », plus douce à vivre, contre l’augmentation des pluies et des canicules qu’entrainera l’inéluctable changement climatique.

Même la sécurité est prise en compte, avec le relèvement des clôtures de 1,80 à 2,10.

Bon, on arrête de se féliciter. On a gagné les élections pour ça.

Quelques « détails » à revoir

D’abord, malgré les protestations, la « bande de vigilance » de 100 mètres le long de l’autoroute interdisant de construire des habitations ou des équipements scolaires reste dans l’un des documents mesurée "à partir de l’axe" de l’autoroute, et non "à partir du bord". Ce n’est pas grave au sud de la ville, car l’ouest du terrain des Maraichers (longeant l’autoroute) est zoné espace naturel, inconstructible. La question se pose au nord de la ZAC Campus Grand parc, ZAC relevant de la Communauté d’Agglomération du Val de Bièvre (CAVB) et de son aménageur, la Sadev, dont nous allons voir plus loin qu’ils échappent largement aux règles de la zone UA.

C’est grave, on le sait, depuis que la recherche médicale a montré le lien entre la pollution par la proximité les grands axes autoroutiers et la mortalité causée par cette pollution, celle-ci s’exerçant jusqu’à 160 mètres de l’axe du Périphérique. Or l’autoroute du Sud est plus de deux fois plus large que le périphérique à cet endroit, avec plus de circulation, plus rapide… C’est comme l’affaire du sang contaminé : ceux qui prendront la responsabilité de construire à cet endroit ne pourront pas dire « nous ne savions pas ».

Autre « détail » : malgré nos observations faites au cours de la concertation, l’idée d’imposer moins de parking dans les nouveaux immeubles construits à moins de 500 mètres des métros est maintenue. Cette idée, venue du Schéma directeur ile de France (pour « forcer » les nouveaux habitants à avoir moins de voitures), est à nos yeux une pure illusion. Les nouveaux habitants arriveront avec leurs voitures, et celles qui ne seront pas dans un parking seront garées… dans les rues, consommant ainsi de l’espace public. Ce n’est qu’un cadeau aux promoteurs, emballé de vert.

Enfin, la disparition de la zone réservée aux gens du voyage, qui était prévue dans la ZAC Campus Grand Parc, sur injonction de l’État, dans le PLU 2013, mais non réalisée, a soulevé légitimement une objection de Mme Cordillot. Natalie Gandais a renvoyé aux demandes de la SADEV et à la responsabilité de la CAVB. A suivre.

Les exigences de la Sadev.

Beaucoup pus grave : deux zones qui outrepassent les règles générales de la zone UA, UAa et UAb, ont été exigées par la Sadev, le promoteur-aménageur délégué des ZAC Aragon et Campus Grand Parc.

Nous savons par le rapport de la Chambre régionale des comptes comment la Sadev s’est imposée dans ces deux zones. Nous avons vu récemment à Ivry le souci limité de cette entreprise pour la prise en compte de l’environnement (voir Le Canard enchainé de mercredi dernier).

Certes, ces ZAC doivent obéir au droit commun du PLU : il n’y a plus de « Plan d’Aménagement de Zone ». Mais la Sadev est intervenue très intensément pendant tout le processus, directement ou par l’intermédiaire de la Communauté d’Agglomération du Val de Bièvre (maitre d’ouvrage de la ZAC Campus Grand Parc) pour avoir les coudées aussi franches que possible, menaçant notre PLU de recours s’il remettait en cause ses perspectives de profit acquises. Divers contrat et lettres d’intention, signé du temps de Mme Cordillot, ont ligoté l’avenir, conformément à la logique internationale du TAFTA : la démocratie n’a pas le droit de remettre en cause un profit attendu. Ainsi, la Sadev a cherché à s’exempter du pourcentage de logement sociaux dans les nouvelles construction (25 %), et de toute limitation de hauteur.

Après la fin de la concertation auprès des Villejuifois, nos services ont donc fait le choix de « calculer large » dans ces deux zones pour « protéger le PLU » contre ce puissant adversaire.

Concrètement : dans la ZAC Aragon, les immeubles de bureau pourront atteindre 35 mètres de haut, et les immeubles d’habitation 30 mètres (contre 41 mètres dans le PLU 2013, et 21mètres dans le reste de Villejuif).

Plus délirant encore : la hauteur maximum est autorisée à 50 mètres dans la ZAC Campus Grand parc ! Le sixième de la tour Eiffel. On autorise un vrai petit Paris-XIIIe sur Bièvre, sauf que ces gratte-ciels seront perchés sur le rebord du plateau dominant la Bièvre, bouleversant le paysage de la banlieue sud (pas pour les Villejuifois, qui ne les verront pas sauf depuis les Hautes Bruyères, mais pour les habitants de la vallée et ou de l’autre coté).

Ces gratte-ciels étaient annoncés dans le « visuel » initial de Campus Grand Parc (dont se vantait l’équipe sortante). Il y en a encore plus dans la documentation livrée en avril dernier, que nous avons dénoncée ici-même. On y distingue très clairement un grand ensemble construit dans l’actuel parc des Hautes bruyères et au nord de la rue Édouard Vaillant, avec 3 tours de 25 étages, écrasant de leur hauteur le groupe des châteaux d’eau !

Dans le débat en conseil municipal, l’ancienne maire, Madame Cordillot, a déclaré ironiquement que ces gratte-ciels n’étaient pas pour lui déplaire (évidemment !) mais n’étaient guère conformes à nos engagements. En effet.

Ces tours de grande hauteur sont de plus en plus critiquées. Dévoreuses d’énergie, inhumaines, coupant le flux des vents, ce sont des « impasses verticales » comme dit l’urbaniste Thierry Paquot. Il est clair que l’écologie a subi ici un revers, imposé par la Sadev et ses alliés à la CAVB et dans l’opposition « de gauche » villejuifoise, voire au gouvernement PS, puisque Manuel Valls a fait de Campus Grand Parc une « Opération d’Intérêt National ».

L’Avenir à Villejuif n’a pas le rapport de force pour renverser un tel diktat. Notre dernière espoir : la mobilisation des citoyens lors de l’enquête publique, en septembre.

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