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29 janvier 2015
Monique Lambert

Incendie à Pasteur : un bel élan de solidarité

Effet « 11 janvier » ? Un extraordinaire élan de solidarité a réuni les Villejuifois, associatifs, élus, simples citoyens, autour d’une famille frappée par un incendie. Premier bilan.

Vendredi 16 janvier, un incendie éclate dans un logement de la rue Henri Barbusse. La famille N composée d’une mère et de ses quatre fils, se retrouve à la rue. Ils ont tout perdu.

Commence pour moi, en tant que maire-adjointe aux politiques de solidarité, et pour la conseillère déléguée au logement, Annie Grivot, bien soutenues par le maire Franck le Bohellec et la première adjointe Natalie, une expérience à la fois humaine et institutionnelle très enrichissante.

La Ressourcerie à la rescousse

Pour la première nuit, pas de problème : l’assurance de la famille, la MMA, leur paie deux nuits d’hôtel (c’est la règle générale). Mais la famille n’a plus que ce qu’elle avait sur elle ! Le maire, qui s’est rendu aussitôt sur place, prévient notre amie Nicole Delmas, qui se tourne vers la Ressourcerie Chic ! On ressource pour trouver des vêtements et autres affaires de premier secours. Je les y emmène le samedi matin. Il n’y a pas tout ce qu’il faudrait : dès samedi après-midi Le Parisien relaie un appel sur son site, les réseaux sociaux s’activent, et aussitôt les dons affluent.

Bon, lundi matin, il faut trouver un nouveau logement en attendant la remise en état du logement incendié. On s’aperçoit que cette famille avait autrefois été escroquée par un squatteur, qui lui avait fait un bail sur cet appartement en leur faisant croire qu’il l’occupait régulièrement. La mère avait alors obtenu une convention d’occupation précaire avec le bailleur (Valophis) et le soutien de la CAF qui verse l’APL. Elle l’avait fait repeindre à ses frais, mais l’appartement est très vétuste, ce qui explique sans doute l’incendie par court-circuits.

Commence un étrange ballet : le bailleur ne veut pas les reloger car la famille a une dette de loyer ! En réalité, c’est le bailleur lui-même qui, en annonçant sa volonté d’expulser la famille N, a provoqué automatiquement le blocage des versements de la CAF (sinon, il n’y avait pas de problème). Et Valophis informe tranquillement par mail Annie Grivot que l’appartement incendié, encore sous-scellés pour l’enquête policière, est désormais disponible…

Sous la pression des élus, le bailleur propose finalement un autre appartement à Villejuif . Notre service logement proteste : ce service songeait à attribuer ce logement à une personne attendant depuis des années. Le bailleur en profite pour proposer un nouveau logement à… Boissy-Saint-Léger, et à condition que le bail ne soit pas signé avec la famille, mais avec une association. Nous avons déjà l’habitude du « coup de Boissy-Saint-Léger », façon commode de se débarrasser d’une demande. Car évidemment c’est impossible : la mère travaille à Montrouge, les enfants étudient à Pasteur et Chérioux !

Et, s’agissant de l’association-relais, le bailleur me dit qu’aucune association ne fait ce type d’action à Villejuif, ce que me confirment l’EDS (l’Espace Départemental de Solidarité du Conseil général, rue Jean-Jaurès) et le CCAS, où l’on ne connait pas ce dispositif (pourtant désormais classique). Je demande qu’au moins on trouve un logement dans une ville limitrophe.

Les parents d’élèves entrent en scène

La journée passe, la famille est à l’EDS avec une assistante sociale qui n’arrive pas à joindre le 115. Heureusement, elle n’est pas seule : une mère d’élève l’accompagne et mobilise le quartier, la directrice d’école, etc...

C’est alors que la solidarité entre à nouveau en jeu ! Les parents d’élèves de la FCPE de l’école Pasteur, en un clin d’œil, récoltent le prix de 3 nuits d’hôtel. Encore quelques fermes explications entre la mairie et le bailleur, et finalement Valophis propose un relogement provisoire à l’Haÿ les Roses dans un appartement relais, avec bail à une association et accompagnement social de la famille. Ce que celle-ci accepte immédiatement (à mon avis elle n’a guère besoin « d’accompagnement social » : elle peut payer son loyer avec le concours de la CAF, les enfants sont très bien élevés, etc).

L’association est : Aide d’Urgence du Val de Marne. Un peu dommage que EDS et CCAS ne connaissent pas : cette association, très intéressante, travaille régulièrement avec le Conseil général et plusieurs villes du Val de Marne. La devise sur son site : « Travaillons ensemble pour une vraie transformation sociale »…

Toute la semaine, les dons sont arrivés à l’école et à la Ressourcerie. Avec Nicole nous sommes allées porter tout ça hier soir. La maman nous attendait avec un Mafé et tenait à remercier toutes les personnes, et en particulier tout le quartier Pasteur.

Bilan

1. Cette histoire nous montre d’abord les énormes réserves de solidarité dans la population. La mobilisation de l’économie sociale et solidaire ( la Ressourcerie est une association aidée par la Communauté d’Agglomération du Val de Bièvre et le SAF qui met un pavillon à sa disposition provisoire), du mouvement associatif (la FCPE en l’occurrence), des réseaux sociaux et de la presse permet de canaliser très rapidement la générosité populaire vers une situation d’urgence.

2. Cette mobilisation des gens permet de faire pression sur les bailleurs dits « sociaux » mais souvent peu réactifs et pas toujours très bienveillants envers les personnes en difficulté.

3. La municipalité est consciente de ses responsabilités face aux catastrophes et à l’urgence. Le soutien de l’équipe municipale permet de faire face instantanément, puis d’appuyer la recherche des solutions un peu plus durables.

4. Nous avons besoin de plus de moyens pour assumer cette responsabilité, ce qui est contesté par l’opposition « de gauche » qui nous a asséné que pour la solidarité d’urgence, y a qu’à voir le 115. La ville ne possède pas en propre de moyens d’hébergement d’urgence, seulement cette ligne budgétaire d’urgence contestée par l’ancienne équipe Cordillot. Nous n’en avons d’ailleurs pas eu besoin cette fois-ci (l’assurance puis la FCPE ont payé les nuits d’hôtel), mais ça peut tourner autrement une autre fois.

5. A cette occasion nous avons pu vérifier (par le conseiller délégué à la tranquillité publique, Alain Mille, ancien doyen des Pompiers de Paris, qui prend de plus en plus en charge les questions de sécurité face aux accidents) qu’il n’y avait tout simplement pas en mairie de Plan communal de sauvegarde face aux catastrophes, obligatoire depuis 2007 !

Nous avons commencé à faire l’inventaire de ce qui est possible (et beaucoup moins cher que l’hôtel !) en matière de logements d’urgence. Ce « volant de sécurité » ne doit pas être confondu avec la procédure normale d’attribution de logements sociaux. Dans ce cas, il ne s’agissait pas de faire passer la famille N. « devant » une autre, mais de reloger une famille déjà logée, dont l’appartement était parti en fumée. Le problème aurait été le même pour une inondation, un nuage de gaz toxique sur la ville, etc.

Un exemple de la variété des pistes à explorer. Quelques jours auparavant, une autre famille s’était retrouvée elle aussi à la rue, suite à un incendie accidentel. Elle est reçue en catastrophe par Natalie (en tant qu’adjointe au logement). Celle-ci s’aperçoit que la mère est institutrice dans un groupe scolaire de la Ville. Elle pense immédiatement à la possibilité d’un logement de fonction. Mais oui, il y en a un, inoccupé ! Mais il est promis à une entreprise qui doit travailler sur le groupe scolaire. Quelques coup de fils : l’entreprise trouve une autre solution, et la famille est logée provisoirement dans le logement de fonction.

Autre piste à explorer : réunir une table ronde de la solidarité avec toutes les associations concernées afin de mettre au point une organisation permettant de gagner en temps et en efficacité. Ce volet solidarité sera intégré au plan communal de sauvegarde (qui est à élaborer) et mis en œuvre chaque fois qu’une catastrophe se produira.

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Commentaires

1 Message

  • Sofi 2 février 2015
    17:50

    Bonjour, oui on peut voir à la fois l’élan de solidarité des habitants mais aussi la réactivité des élus, bravo mais je me réfère à la situation de mes 3 enfants et moi même qui depuis plus de 6 mois sommes hébergés dans les hotels du 115. Du coup l’ echec scolaire se profile à grand pas.Voilà la solidarité à 2 vitesses !!! Mais je reste optimiste et j’ose espérer que nous serons bientôt loger dans un appartement, que mes enfants auront une chambre pour faire leurs devoirs sur un bureau et non sur leurs lits, qu’ils pourront inviter des camarades de classe sans avoir "honte" de dire j’ai pas de maison et que je pourrai leur faire des plats équilibrés car dans un hôtel. ...
    Suffit de me lamenter, je ne suis pas à la rue !

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