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14 janvier 2015
Alain Lipietz

Deux moments intenses d’unité des Villejuifois

Face à des actes monstrueux qui ont bouleversé la France entière et provoqué l’émotion la mieux partagée depuis l’enterrement de Victor Hugo, Villejuif s’est sentie particulièrement concernée, et a réagi à l’unisson.

Un attentat terroriste frappant des dessinateurs et journalistes chers aux cœurs de beaucoup d’entre nous depuis notre jeunesse, tuant des policiers (dont un musulman) qui tentaient de protéger la liberté de la presse… Puis une seconde trainée de sang, basée à Gentilly, qui a traversé notre Val de Bièvre de Montrouge à Saint-Mandé, tuant une policière municipale et quatre Juifs visés en tant que tels…

Même si l’explosion criminelle d’une voiture à Villejuif ne peut être à cette heure-ci définitivement rattachée à cette folie, notre ville ne pouvait que réagir dans une unanimité à la fois spontanée et réfléchie. Villejuif est Charlie.

Le soir même de ce mercredi funeste, le maire organisait un émouvant rassemblement. Fallait-il annuler samedi la cérémonie des vœux qui, pour la première fois, était organisée comme une fête populaire de plein-air ? Bien au contraire ! Même si le plan Vigipirate nous a contraints à supprimer… les braséros à gaz. La population se pressait sous la tente pour écouter à nouveau le maire, devant le conseil municipal et des personnalités élues de toutes les tendances politiques du Val de Marne, évoquer à nouveau les victimes, l’importance du crime contre la liberté d’expression et la liberté religieuse, puis rapidement évoquer les grands projets pour l’année nouvelle.

Et après… ce fut la fête, avec saltimbanques, barbe à papa, orchestre et danses, les enfants avec les aînés. Comme un 14 Juillet d’hiver, réponse citoyenne à ces horreurs fascistes.

Et hop, le lendemain, à nouveau, départ groupé de Villejuifois, rendez-vous 13 h 30 à Louis-Aragon (« Celui qui croyait au ciel, Celui qui n’y croyait pas, Quand les blés sont sous la grêle, Fou qui fait le délicat »), descente à Poissonnière, on fonce à pieds vers le Boulevard Magenta… Et là, bloqués pendant des heures, parmi 
Les constructeurs d’un vivant édifice, La foule immense où l’homme est un ami. Non, ça c’est Paul Éluard.

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Commentaires

11 Messages

  • Votre nom 14 janvier 2015
    16:14

    Désolé mais les sourires affichés par le maire de Villejuif et son adjointe alors que le contexte appelait au recueillement et à la mémoire sont des plus indécents et des plus choquants.

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    • Alain Lipietz 14 janvier 2015
      16:28

      On vois que vous n’étiez pas à la manif. Ce qui fut extraordinaire , ce fut tout ce bonheur d’être ensemble. Et que vous ne lisiez pas Charlie. Je vous invite à redécouvrir son numéro sur l’enterrement de Rieser.

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      • Robert 15 janvier 2015
        11:18

        Désolé, comme beaucoup, j’ai participé à cette manif en famille et contrairement à quelques uns, sans tambour ni trompette.

        Si vous étiez passé vous recueillir comme nous l’avons fait avec les centaines d’autres participants devant l’Institut médico légal du quai de La Rapée où se trouvaient encore dimanche soir les corps des victimes, cela aurait peut être pu faire réfléchir certain(e)s .

        Faut dire que les notions d’irrespect et de politicard sans scrupule obsédé par la communication sont plutôt synonymes....

        Cordialement

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      • Robert 15 janvier 2015
        11:31

        Autre chose Monsieur JST ("Je Sais Tout")

        Désolé encore, mais je possède encore le numéro dédié à Reiser après son décès avec la couverture qui est la photo de la couronne mortuaire avec la bandeau " De la part de Charlie Hebdo en vente partout". Même qu’à l’intérieur, le Professeur Choron indiquait comment s’y prendre pour faire sécher ses mouchoirs remplis de larmes... devant le corps d’un Reiser disparu... mais c’est pas pour vous car vous préférez rire des disparus

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        • Alain Lipietz 15 janvier 2015
          19:54

          Cher Monsieur
          Nous vous félicitons de votre perspicacité : vous etes capable de savoir à quoi sourient deux personnes qui sourient à un photographe.
          En revanche, puisque dites-vous vous avez participé à cette magnifique manifestation sans remarquer que bien d’autres personnes souriaient, je m’interroge.
          De même, je garde un autre souvenir de la couverture du numéro de Charlie qui annonçait la mort de Reiser : "Reiser va mieux, il est allé au cimetière à pieds" . Mais bon, peut-être n’aimions-nous pas la même chose dans l’humour de Charlie, ni dans la manif "Je suis Charlie".
          Cordialement

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          • Sylvie 16 janvier 2015
            11:09

            Certains rient d’autres pleurent, d’autres encore se marrent et fondent en larmes dans la minute suivante peu importe. Plus embêtants sont les propos ahurissants que nous entendons ces jours-ci dans nos quartiers (et qui me sont moi livrés à domicile par les copains de mon fils), les personnels éducatifs de la mairie sont atterrés et vont se réunir en urgence pour voir comment se dépêtrer de ces âneries entre théorie du complot et imbécillités pseudo-religieuses face auxquelles les enseignants semblent étrangement démunis. Il faudrait peut-être un cours sur la tradition blasphématoire de Rabelais à Charlie en passant par Diderot, Voltaire, l’Assiette au beurre, Coluche, Castellucci ou Rodrigo Garcia, mais là on aura besoin d’un Vigipirate XXL...

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            • Observateur...dubitatif 16 janvier 2015
              18:40

              Sylvie,
              Je suis rarement d’accord avec les propos et les actions de votre équipe, mais cette fois je vous dis BRAVO !
              A votre liste de libres penseurs on pourrait ajouter François Cavana.
              Excusez-moi si c’est un peu long, mais par les temps qui courent, il me semble salutaire de reproduire ici sa lettre ouverte aux culs-bénits :

              Le vingt et unième siècle sera un siècle de persécutions et de bûchers
              Lettre ouverte de François Cavanna aux culs-bénits (mai 1994)

              Lecteur, avant tout, je te dois un aveu. Le titre de ce livre est un attrape-couillon. Cette « lettre ouverte » ne s’adresse pas aux culs-bénits.

              Les culs-bénits sont imperméables, inoxydables, inexpugnables, murés une fois pour toutes dans ce qu’il est convenu d’appeler leur « foi ». Arguments ou sarcasmes, rien ne les atteint, ils ont rencontré Dieu, ils l’ont touché du doigt. Amen. Jetons-les aux lions, ils aiment ça.

              Ce n’est donc pas à eux, brebis bêlantes ou sombres fanatiques, que je m’adresse ici, mais bien à vous, mes chers mécréants, si dénigrés, si méprisés en cette merdeuse fin de siècle où le groin de l’imbécillité triomphante envahit tout, où la curaille universelle, quelle que soit sa couleur, quels que soient les salamalecs de son rituel, revient en force partout dans le monde.

              O vous, les mécréants, les athées, les impies, les libres penseurs, vous les sceptiques sereins qu’écœure l’épaisse ragougnasse de toutes les prêtrailles, vous qui n’avez besoin ni de petit Jésus, ni de père Noël, ni d’Allah au blanc turban, ni de Yahvé au noir sourcil, ni de dalaï-lama si touchant dans son torchon jaune, ni de grotte de Lourdes, ni de messe en rock, vous qui ricanez de l’astrologie crapuleuse comme des sectes « fraternellement » esclavagistes, vous qui savez que le progrès peut exister, qu’il est dans l’usage de notre raison et nulle part ailleurs, vous, mes frères en incroyance fertile, ne soyez pas aussi discrets, aussi timides, aussi résignés !

              Ne soyez pas là, bras ballants, navrés mais sans ressort, à contempler la hideuse résurrection des monstres du vieux marécage qu’on avait bien cru en train de crever de leur belle mort.

              Vous qui savez que la question de l’existence d’un dieu et celle de notre raison d’être ici-bas ne sont que les reflets de notre peur de mourir, du refus de notre insignifiance, et ne peuvent susciter que des réponses illusoires, tour à tour consolatrices et terrifiantes.

              Vous qui n’admettez pas que des gourous tiarés ou enturbannés imposent leurs conceptions délirantes et, dès qu’ils le peuvent, leur intransigeance tyrannique à des foules fanatisées ou résignées.

              Vous qui voyez la laïcité et donc la démocratie reculer d’année en année, victimes tout autant de l’indifférence des foules que du dynamisme conquérant des culs-bénits.

              À l’heure où fleurit l’obscurantisme né de l’insuffisance ou de la timidité de l’école publique, empêtrée dans une conception trop timorée de la laïcité,
              Sachons au moins nous reconnaître entre nous, ne nous laissons pas submerger, écrivons, « causons dans le poste », éduquons nos gosses, saisissons toutes les occasions de sauver de la bêtise et du conformisme ceux qui peuvent être sauvés !

              Simplement, en cette veille d’un siècle que les ressasseurs de mots d’auteur pour salons et vernissages se plaisent à prédire « mystique », je m’adresse à vous, incroyants, et surtout à vous, enfants d’incroyants élevés à l’écart de ces mômeries et qui ne soupçonnez pas ce que peuvent être le frisson religieux, la tentation de la réponse automatique à tout, le délicieux abandon du doute inconfortable pour la certitude assénée, et, par-dessus tout, le rassurant conformisme. Dieu est à la mode. Raison de plus pour le laisser aux abrutis qui la suivent.

              Un climat d’intolérance, de fanatisme, de dictature théocratique s’installe et fait tache d’huile. L’intégrisme musulman a donné le « la », mais d’autres extrémismes religieux piaffent et brûlent de suivre son exemple. Demain, catholiques, orthodoxes et autres variétés chrétiennes instaureront la terreur pieuse partout où ils dominent. Les Juifs en feront autant en Israël.

              Il suffit pour cela que des groupes ultra-nationalistes, et donc s’appuyant sur les ultra-croyants, accèdent au pouvoir. Ce qui n’est nullement improbable, étant donné l’état de déliquescence accélérée des démocraties. Le vingt et unième siècle sera un siècle de persécutions et de bûchers.

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              • Sylvie 19 janvier 2015
                11:19

                Oh mon dieu (si j’ose dire), j’avais complètement oublié l’existence de ce texte, merci mille fois de nous l’avoir envoyé ! Quelle actualité, et quel style, on devrait le lire dans toutes les écoles, si l’école n’était pas "aussi timorée", l’afficher partout, si seulement nous n’étions pas "aussi discrets, aussi timides, aussi résignés".
                Et pour répondre à Alain, oui on va remettre à la mode les battles verbales, pour que les uns arrêtent de s’insurger qu’on leur manque de respect dès qu’on les contredit et que les autres ne restent pas "bras ballants, navrés et sans ressort".
                "Les religions sont comme les vers luisants : pour briller il leur faut de l’obscurité" (Schopenhauer). Au-delà de nos différends cher observateur dubitatif, unissons-nous dans la lutte contre l’obscurantisme. Au fait, qui va avoir le cran de la lire lors du débat qui suivra la projection de Timbuktu, la lettre de Cavanna ?...

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            • Alain Lipietz 16 janvier 2015
              22:22

              Peut-être pourrait-on organiser à la MPT Gérard Philippe des séances de théâtre-forum ?
              En tous cas on va projeter Timbuktu, avec un débat.

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              • Sylvie 20 janvier 2015
                01:00

                Le forum théâtre, c’est quand on se met à la place de son interlocuteur ? Je veux bien jouer le rôle d’un religieux offensé (à condition de pouvoir réintégrer ma peau après), mais avant, observateur dubitatif, il faudrait organiser une manifestation des athées pour dire que nous aussi on trouve qu’on nous manque de respect. Hollande et Valls disent qu’il faut protéger les juifs, les musulmans, les chrétiens, très bien, mais, et les autres ?... On existe, quand même ! Je m’énerve, là, sans doute un effet du pape aux Philippines...

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  • Alain Lipietz 13 mai 2015
    10:55

    Suite à des attaques de spam, le forum des articles "Deux moments intenses d’unité des Villejuifois" et "Un bouquet pour la police" sont fermés.

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