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14 décembre 2014
Alain Lipietz

Réunion Centre-Ville : l’ancienne équipe ne manque pas d’air !

Dernière réunion de quartier, en centre ville. 140 personnes (comptées par les services…) : ce premier tour de consultations PLU aura été un grand succès. On s’attendait ici à une offensive en règle de l’ancienne équipe. Eh bien, pas grand chose.

Comme d’habitude, Franck le Bohellec fait une présentation-virtuose de tous nos grands projets sur l’ensemble de la ville. Ça s’enrichit de semaine en semaine, ce qui est normal car les négociations avec l’État et les promoteurs avancent très vite en ce moment : métro, Campus Grand Parc, Rénovation Urbaine dans le quartier sud… Mais attention, attention : tout ce qu’on négocie n’aboutira pas forcément. C’est comme pour produire un film : on cherche des vedettes pour avoir des banques et des banques pour avoir des vedettes, et ça peut ne pas se faire ! Cela dit, beaucoup de films se font et Villejuif a d’excellents atouts.

Circulations douces et parkings

Mais en centre-ville, on n’a pas encore grand-chose à proposer. Et personne dans la salle ne nous parle vraiment du centre ville sauf sur deux points : les circulations et la préservation du caractère « faubourgeois » de la vieille ville, ce qui est encore un peu loin de l’état d’avancement du projet de PLU.

Franck est très clair sur le premier point : le but est de parvenir au maximum de « circulations douces », donc mettre la plus grande partie de la ville en zone 30, y compris Jean-Jaurès et Georges-Lebigot. Y a du boulot : des habitants de la rue Victor Hugo nous racontent que des automobilistes foncent dans cette rue étroite, provoquant des accidents.

Natalie Gandais signale qu’une consultation « circulations douces-vélos-piétons » (ce qui vaut aussi pour les poussettes) est lancée, avec une réunion ouverte aux usagers cyclistes en janvier. S’inscrire auprès d’elle, ici). Et pour la « charte architecturale » de chaque quartier (par exemple comment obtenir qu’on fasse des toits en pentes là où ils dominent), une réunion thématique est également prévue. Des parkings sont en fait disponibles en centre ville mais ils sont fermés, car non sécurisés. On y travaille…

Et personne n’évoque la question de fond : que faire avec les grands blocs de la cité Thorez qui déséquilibre totalement le centre ville. Plusieurs fois elle e a été « reliftée » mais elle ferme toujours la rue Lebigot au nord. Une mission sera confiée à un urbaniste pour concevoir un projet pour le centre ville, qui ne peut rester à l’écart des deux gares Grand Paris Express (Louis-Aragon et Gustave-Roussy)

La « Pointe Gorki » et la rue de Paris

Heureusement, un monsieur de « la Pointe Gorki » intervient. Il s’agit de l’intérieur de la patte d’oie entre la rue de Paris et Maxime Gorki, qui ouvre, en haut de la côte de la Nationale 7, le Centre-ville. Natalie Gandais explique qu’on voudrait confier l’aménagement de tout ce secteur à un promoteur unique pour faire quelque chose d’ordonné autour de la Pyramide de Cassini : une vraie « entrée de centre-ville », avec une Cité des Arts qui se prolongerait dans la rue de Paris par des rez-de-chaussées artisanaux ou artistiques. Vifs applaudissements.

Entre deux PLU

La question « Pourquoi un nouveau PLU ? » revient cette fois sous la forme « Que se passe-t-il pour les promoteurs entre les deux PLU ? ». Natalie détaille :
-  Jusqu’à la mise du PLU en révision, le PLU Cordillot s’appliquait et on ne peut rien y faire. Exemple : l’immeuble Cogedim, dont le permis a été déposé avant la mise en révision, va être construit à l’entrée de la rue de Paris et sera le dernier immeuble de 10 étages à Villejuif.
-  A partir de la mise en révision, c’est toujours le PLU actuel (Cordillot) qui s’applique, mais on peut faire valoir au promoteur qui propose un projet " PLU Cordillot" (par exemple : 31 mètres, soit R+10, sur la N7) que ce n’est pas l’orientation du PLU à venir, et on peut ouvrir une négociation. Ou il accepte des dimensions plus raisonnables, ou il se retrouve en « sursis à statuer » jusqu’à l’adoption du futur PLU. Exemple : le Kofman and Broad du « Bas de la côte » a été réduit à R+6 avec décrochement du dernier étage.

Critiques habituelles

Et l’opposition ? Reprise (mais sans agressivité) de la sempiternelle question : « 70 % des habitants de Villejuif ont droit aux HLM, 3900 demandes, et vous vous voulez réduire les HLM ! » Natalie répète pour la 50e fois, appuyée par le maire, que tous les HLM seront conservés, parfois rénovés ou reconstruits, car on donne la priorité à la rénovation de ce qui existe, et que dans les nouvelles constructions il y aura 25 % (et non 40 %) de HLM. Mais elle insiste qu’il n’y a pas seulement à construire du HLM locatif, il faut aussi d’autres logements aidés : chambres pour étudiants, résorption de l’habitat insalubre, appartement pour handicapés, maison de retraites à loyer modéré, accession sociale à la propriété… On fera le point à la réunion « Habitat », lundi 15, même lieu, même heure (voir la liste des réunions thématiques et déjà les comptes–rendus des réunions passées, ici).

Quelques attaques sur les négociations avec un lycée privé qui souhaite s’installer, mais qui se concentrent sur une critique intéressante : comme Darius-Milhaud se spécialise dans les études médicales, il vaudrait mieux qu’il se spécialise dans autre chose, comme l’informatique.

Densification : maîtrisée

L’aveu décisif vient de M. Arrouche, qui fut le maire-adjoint aux finances de l’équipe Cordillot. « Vous avez, M. le Maire une grande habileté à vous emparer du travail des autres » commence-t-il. Autrement dit : il n’a rien de spécial à reprocher à ce que Franck le Bohellec vient d’exposer, ils auraient fait pareil, d’ailleurs ils allaient le faire !!

Mais aussitôt la critique, à tort et à travers. Tantôt : « Vous ne satisferez pas les exigences de densification du SDRIF, l’Etat retoquera votre PLU ». Tantôt : « Si vous faites tout ce que vous annoncé, vous aller densifier Villejuif, contrairement à ce que vous aviez promis ». Face à la foule qui commence à s’énerver, M. Arrouche lance au maire « Répondez ! Vous ne répondez jamais, comme à ma question lors de l’audit financier ! » Devant cette attitude strictement politicienne, la foule le fait taire.

Dommage, il aurait pu, calmement, s’en tenir à l’urbanisme. Notre réponse est simple : bien sûr qu’il y aura une certaine densification, avec une dizaine de milliers d’habitants supplémentaires d’ici 2030, et on aura atteint largement les exigences du SDRIF, mais sans en rajouter, comme le prévoyait le PLU Cordillot. La vraie difficulté sera d’atteindre les objectifs du Contrat de développement territorial (un emploi pour un actif), et pour cela nous diminuons les projets de logements en diminuant la hauteur des immeubles et augmentons les espaces pour les entreprises. Reste à les faire venir, et on s’y emploie. Au total, il y aura bien moins de densification que dans le PLU Cordillot… que M. Arrouche a voté.

Campus Grand Parc

Non sans grandiloquence, une autre ancienne maire-adjointe, socialiste, interpelle : « Promettez-nous, Monsieur le Maire, que vous ne toucherez pas au parc de Hautes Bruyères dont nos enfants ont besoin pour jouer ! » La salle en reste bouche bée. Cette fois Natalie se fâche presque : « Ce parc des Hautes Bruyères, malgré notre résistance, vous en avez cédé toute la partie Nord-Ouest (entre la Redoute et la porte du Nord) à la ZAC Campus Grand Parc, pas seulement au métro Grand Paris, mais à l’urbanisation « pieds dans le parc » ! et le PLU que vous avez imposé en décembre 2013 prévoyait cette urbanisation, et en plus tout le Terrain des Maraichers ! Nous nous sommes mobilisés, nous avons fait reconnaître en Commission d’enquête publique qu’on ne devait pas construire de logement le long de l’autoroute. Nous n’avons pas pu, après notre élection, récupérer ce que vous aviez livré à la Sadev au Nord-Ouest du parc. Mais en contrepartie nous avons récupéré la moitié du terrain des Maraichers ! »

Tonnerre d’applaudissements. Et Franck trace sur la carte le couloir écologique qui va être préservé, « et où on ne construira rien ».

Bon, en réalité, au delà du Terrain des maraichers et des jardins familiaux de l’Épi d’or, un petit bois sera en outre rattaché à cette coulée verte sur le territoire de l’Haÿ. Le compromis a été présenté mardi à JP Huchon (président du Conseil régional), avec des maquettes : on vous en fera un résumé-photo quand on aura un peu de temps.

PPP ou PUP ?

Ultime critique : contre les « partenariats public-privé ». Natalie explique ce qu’il en est : désormais, à chaque permis de construire accordé (un peu important), on demandera un petit quelque chose pour l’amélioration du bien public : un chemin d’accès public aménagé, une salle de quartier, un gymnase… Ou une contribution sonnante et trébuchante : ça s’appelle un « Projet Urbain Partenarial », un PUP.

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Commentaires

4 Messages

  • Rémy 16 décembre 2014
    11:15

    Bonjour,
    Je voulais savoir ce qui était prévu pour la coulée verte Bièvre-Lilas au nord du parc, à la limite de l’Hay/Villejuif, entre l’arrivé au parc et le carrefour (Rue de Chevilly/Rue Youri Gargarine/Avenue de l’Epi-d’or)
    J’ai l’impression que cette zone est au point mort.
    Peu d’info circule à ce sujet.... hormis peu-être que le point d’accès du tunnelier pour le prolongement au sud de la L14 se ferai dans cette zone.

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    • Alain Lipietz 16 décembre 2014
      14:11

      Bonjour Rémy
      l’idée actuelle est que la coulée verte longe les jardins de l’Epi d’or et intègre le petit bois délaissé sur le territoire de l’’Haÿ les Roses, puis oblique vers l’Est par le sud de la Zone d’Activité qu’elle longe pour rejoindre le carrefour.
      Pas de précision actuellement sur le tunnelier, théoriquement il part de plus loin si on fait toute la ligne 14 d’un coup mais à mon avis il faut se méfier des promesses… En tout cas je ne crois pas qu’il y aurait un trou à cet endroit, c’est le passage de l’aqueduc de la Vanne.

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      • Rémy 18 décembre 2014
        12:51

        Merci Alain pour votre réponse,
        Concernant le point d’accès, est-ce que l’accélération du projet va changer quelque chose, bonne question , cela m’étonnerais tout de même que cela fasse à Orly (voir Morangis), pour arrivé à Olympiade... honnêtement je pense que la SGP va conserver le point d’entrée dans cette zone (mi-parcours du prolongement, zone peu dense, proximité de l’A6 pour les déblais).

        En revanche l’aqueduc de la Vanne ne se situe pas dans cette zone, l’aqueduc est plus à l’ouest, de l’autre coté de l’autoroute, traversant l’Haÿ et Cachan (entre autre).

        Effectivement il serait bien d’englober ce petit bois, qui ressemble plus un terrain vague qu’autre chose, le mettre en valeur, rendre l’accès possible du coté de la zone pavillonnaire des castors et/ou le long de l’autoroute.

        Une idée du calendrier ?

        Bonne journée

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        • Alain Lipietz 19 décembre 2014
          18:33

          Je pense que vous avez raison : j’ai parcouru ce petit bois qui est délaissé parce qu’il est sur une canalisation, on m’a dit que c’est celle qui va à l’aqueduc de la Vanne mais en regardant sur la carte ça m’a semblé bizarre. Peu importe.
          Il a été question que le tunnelier parte de l’IGR, quand la ligne "bleue" se faisaint en deux fois. Maintenant je ne sais pas, mais en tout cas la terre sortie au niveau du parc partira sous le pont désaffecté de l’A6 entre le site archéologique des Hautes bruyères et Cachan pour rejoindre l’A6 vers le sud plus loin.
          Date du début des travaux ? Normalement fin 2015 pour entamer les trous des deux gares.

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