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6 octobre 2014
Alain Lipietz

L’œuvre du Père Christian… exemple à suivre.

Au lendemain d’une Nuit Blanche très réussie (reportage de Sylvie ici), nous nous sommes rendus à la cérémonie religieuse à la mémoire du père Christian Roussin, curé de Sainte Colombe durant les 30 années d’après-guerre, qui ne furent pas que « glorieuses ».

Messe déjà bien émouvante. Les anciens prêtres de l’église étaient là avec leurs belles étoles vertes : ça faisait plaisir de voir autant de vert à Villejuif. L’actuel curé, le père Benoît-Marie Jourjon, a célébré l’homme qui, à Sainte-Colombe alors entourée de bidonvilles, accueillait dans le jardin de l’église « des sans papier de toutes les nationalités » en ne leur imposant qu’une condition : partager. Et le jardin devint lui-même un morceau, plus saintement régulé, du bidonville. Sœur Colette a repris cette tradition, mais elle en a fait un jardin potager partagé, avec l’association Animae.

Au déjeuner, excellent (ah, la salade de fèves aux lentilles corail !), nous avons revécu au fil des témoignages la figure de cet homme qu’il est difficile de qualifier autrement que de « saint ». À cette époque (les années après 1945), l’urgence était absolue : la nourriture, et le logement. Les anciens, autour de nos tables dressées, se souviennent : alors, on puisait la soupe collective dans une grande marmite, et on mangeait comme on pouvait. Avant les premiers HLM (d’abord les Lozaits, où les premiers habitants entraient avec émerveillement), une première initiative nous est racontée en détail par les habitants et habitantes encore ici aujourd’hui : les Castors du Sapin Bleu.

Le cheminement des grandes initiatives est parfois cocasse ! A l’époque, des soldats Américains étaient cantonnés dans le coin et le père Christian craignait pour la vertu des jeunes Villejuifoises. Il organisa pour elles un bal du samedi soir qui s’arrêtait à minuit, ce qui attira les jeunes de l’équipe de foot qui pouvaient ainsi se coucher pas trop tard avant le match du lendemain. Mais bien sûr des couples se formèrent, qui « prenaient des risques » (selon la formule des témoins, ce midi…) : il fallait donc d’urgence leur trouver un logement.

La solution, ce furent les Castors, sur le terrain irrigué aujourd’hui par la rue du Sapin Bleu : une coopérative d’auto-construction, où les couples devaient apporter leur contribution en travail. 1000 heures, soir, samedi et dimanche. Ce fut dur, mais très vite les maisons poussèrent. Un petit quartier naquit ainsi, qui reste aujourd’hui un havre de solidarité.

Aujourd’hui, les seuls bidonvilles restant à Villejuif sont ceux des Roms chassés du Bulgarie et de Roumanie par la misère et le racisme. L’Union européenne, la Région, le Département, ont voté des fonds spéciaux avec lesquels la ville d’Orly a pu régler le problème de « ses » Roms. Puisse l’esprit du père Christian inspirer pour ce dernier effort de solidarité le Villejuif d’aujourd’hui !

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Le père Christian
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Avec le père D. Marniquet (ancien de Sainte-Colombe) et Soeur Giannina, vieille amie de Francine Comte-Ségrestaa

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Commentaires

1 Message

  • kartoum94 6 octobre 2014
    15:58

    Il est bon de se souvenir des hommes qui ont répandus la générosité au fil de leur vie. Je l’ai connu étant jeune mais j’étais peut être encore trop jeune au moment de sa disparition pour me rendre compte de tout le bien qu’il a pu faire. Aujourd’hui, grâce à cet hommage, il me plait de le redécouvrir et d’en apprendre un peu plus sur l’histoire de sa vie. Puissent sa bonté et sa générosité être pris en exemple aujourd’hui.

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