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15 février 2014

Faut-il fermer Paul-Guiraud ? Pour y faire quoi ?

Réponse au questionnaire de l’association des résidents du quartier Centre et Paul Guiraud

Depuis 20 ans l’équipe sortante PCF-PS se plaint de la présence de trois hôpitaux qui "prennent de la place sans payer de taxe professionnelle". Une des listes concurrentes, celle de M. Vidal, appuie ce projet de départ de l’hôpital Paul-Guiraud. Le questionnaire de l’association du quartier nous permet d’exprimer notre position sur ce qui serait un vrai tremblement de terre au centre à Villejuif.

Réponse au questionnaire de l’association des résidents du quartier Centre et Paul Guiraud

Villejuif, le 14 février 2014

Mesdames et messieurs,

Je vous remercie pour votre accueil le dimanche 2 février, et pour les éléments que vous m’avez apportés concernant les projets de l’hôpital Paul Guiraud. Avant de répondre à vos questions, je voudrais situer la problématique de votre quartier dans le cadre plus général de l’avenir de Villejuif.

Tout d’abord, notre priorité - c’était déjà le cas des listes « Villejuif Autrement » conduites depuis 1995 par mon colistier Alain Lipietz, aujourd’hui notre candidat à la présidence de l’agglomération du Val de Bièvre - est la diminution du chômage localement et le rééquilibrage du coefficient d’emploi à Villejuif. Nous souhaitons créer des emplois pour les Villejuifois (et à plus forte raison maintenir ceux qui existent) plutôt qu’accroître démesurément le parc résidentiel.

Villejuif est une ville-dortoir avec toutefois la chance d’avoir ses trois hôpitaux qui polarisent le tiers des emplois des Villejuifois. Leurs salariés ont souvent « manœuvré » longuement pour rapprocher leur résidence de leur lieu de travail. Depuis un quart de siècle, la municipalité critique la présence de ces hôpitaux, au motif (autrefois) qu’ils ne paient pas de taxe professionnelle, en réalité pour se livrer à des opérations immobilières au profit de son aménageur attitré, la Sadev.

Le Conseil municipal a récemment mis la totalité du périmètre de Paul Guiraud en « veille foncière », ce qui laisse craindre que les intentions de l’hôpital iraient au-delà de la cession d’une partie de ses terrains pour des opérations immobilières. Ceci nous inquiète beaucoup, car même si le secteur de l’hôpital Paul Guiraud était à l’avenir destiné à de nouvelles activités économiques, il faut être réaliste : il est plus facile de maintenir des emplois existants qu’attirer des entreprises dans des bureaux qu’on construirait, alors qu’actuellement des millions de mètres-carrés restent vides en Ile-de-France.

Nous souhaitons le maintien de la vocation « santé » de ce morceau de Villejuif. En effet, nous soutenons le projet de Cancer Campus « en archipel », tout en souhaitant son élargissement à l’ensemble des problèmes de santé, prévention et enseignement compris. Nous avions écrit à ce sujet au président de l’Université de Paris-Sud.

Quoi qu’il en soit, l’hypothèse d’un départ de l’hôpital Paul Guiraud, partiel ou total, ne dépend pas uniquement de la municipalité de Villejuif. Elle est ouverte, ainsi que celle de l’utilisation d’une partie du terrain pour des usages résidentiels.

Dans cette hypothèse qui vous préoccupe, je vous confirme que ma priorité, en matière d’urbanisme, est d’embellir la ville et de la rendre plus agréable à vivre, et non pas d’y construire le maximum possible de logements. Pour cela, je commencerai par modifier le PLU qui a été adopté en décembre 2013 par l’équipe sortante. Ce PLU vise une densification de Villejuif que je juge tout à fait excessive.

En zone pavillonnaire, le COS (fixé par le PLU à 0,8, contre le coefficient de 0,5 préexistant), sera ramené à 0,6, permettant la construction d’une ou deux pièces supplémentaires dans les maisons existantes tout en préservant le caractère pavillonnaire de ces zones.

D’autre part, j’ai l’intention de modifier les objectifs de construction de logements sociaux et d’en limiter la proportion à 25 % des nouveaux logements. Des petits programmes d’accession sociale à la propriété seront destinés en priorité aux Villejuifois.

Dans l’habitat collectif, je souhaite conforter - et quand c’est nécessaire restaurer - une forme urbaine de ville avec des vraies rues, plutôt que continuer d’accepter ces immeubles disparates qui font une ville patchwork.

Je souhaite la réhabilitation et le « ré-emploi » plutôt que la démolition des bâtiments dont le caractère architectural est un témoignage de l’histoire de notre ville. La valeur architecturale de Paul Guiraud m’a d’ailleurs été révélée quand j’ai eu le plaisir de visiter cet hôpital lors des Journées du Patrimoine.

Je souhaite que les aménagement d’ilôts importants prennent la forme d’écoquartiers, c’est à dire pas plus de 4 étages, avec des duplex dès le 3e (pour économiser l’installation d’ascenseurs), incluant des jardins en toits-terrasses, des emplacements de voiture-partage, des parkings à vélo, des potagers individuels ou collectifs, et des normes de construction minimisant les consommations d’énergie.

C’est à partir de ces principes que nous proposerons à la concertations les projets d’aménagement que rendrait inévitable un départ total ou partiel de Paul Guiraud, c’est dans cet esprit que je répondrai à vos questions.

1- Densification le long de la rue René Hamon.

La rue René Hamon, trottoirs compris, est particulièrement étroite et déjà ralentie par un système de chicanes afin de protéger les enfants du groupe scolaire. Cet état de fait plaide déjà pour en limiter l’urbanisation. Cet argument avait jadis justifié le refus de l’implantation d’un simple crématorium !

Je ne pense pas souhaitable d’y implanter des immeubles de cinq étages en épi comme le propose la pré-étude que vous m’avez transmise. Je verrais plutôt un écoquartier composé d’une rangée de maisons de ville, un peu étroites en façade, de type R+2 avec des jardins à l’arrière, alternant avec un ou deux immeubles de 3/4 étages quand le vis-à-vis s’y prête.

2 - Nuisances due à la circulation des voitures (bruit, vitesse, pollution, danger).

Étant écologiste, je suis particulièrement sensible à cette question. En premier lieu, je souhaite rendre la ville plus accessible à pied et à vélo. Les quartiers d’habitation, y compris le vôtre, passeront en « zone 30 », c’est à dire que la vitesse des voitures sera limitée à 30km à l’heure, par des panneaux de signalisation ainsi que par des dispositifs ralentisseurs tels que des passages piétons surélevés à hauteur du trottoir. Ces équipements permettent d’une part de ralentir autos et motos et d’autre part facilitent la traversée pour les parents avec des poussettes, les personnes handicapées en fauteuil roulant, les personnes âgées qui s’aident d’un déambulateur, ainsi que je l’ai exposé dans ma réponse aux habitants du quartier Delaune.

Les déplacements à vélos seront encouragés par des pistes et couloirs cyclables, ainsi que des parkings vélos sécurisés et de nombreux arceaux de stationnement. Les enfants, à l’école, pourront apprendre le vélo (comment on roule avec et comment on l’entretient).

Pour diminuer le nombre de voitures en circulation et en stationnement, on encouragera le co-voiturage et l’auto-partage. Les parkings souterrains aujourd’hui délaissés en raison de l’insécurité qui y règne seront « reconquis », grâce à la mise en place de caméras de video-surveillance et d’une police municipale.

L’écoquartier de la rue René Hamon s’intégrerait dans une ville à la circulation « adoucie ».

3 – Le devenir du Sentier du trou Fary.

Il sera envisagé en concertation avec les riverains, la Ville et les futurs habitants de l’écoquartier. Selon la forme que prendra ce quartier, il pourra (ou pas) être intégré au réseau des sentiers et ruelles de Villejuif (voir ici ma réponse aux riverains de la ruelle de la Fistole).

4 – Le mur bordant le sentier.

Ce mur en meulière présente des qualités esthétiques. Il serait dommage de le détruire. Selon la forme que prendra l’écoquartier, on pourra décider de le conserver, tout ou partie.

5 - Infrastructures municipales.

J’aimerais que les grands pavillons en meulière qui servaient d’ateliers et de cuisines, dont l’hôpital Paul Guiraud n’a plus besoin, ne soient pas démolis mais réemployés. Notre souhait étant de créer des emplois à Villejuif, nous aurons besoin de locaux propices à l’activité des artisans et PME (si possible de hautes technologies, liées à la santé ou à l’informatique). Ces bâtiments pourraient être convertis en hôtels pour PME. On étudiera aussi la possibilité d’y mettre des équipements publics, pourquoi pas une annexe de l’école de musique. Alentour, il devrait être possible de mettre un petit jardin public.

6 – Concernant les constructions d’immeubles en face des habitations individuelles.

Depuis deux ans, je suis adhérente de l’association des habitants et riverains du quartier Aragon, qui précisément se bat contre un projet de la municipalité sortante, consistant à édifier une tour de 13 étages en lisière de quartier pavillonnaire. Voyez notre réponse au questionnaire de cette association, qui vous donnera les liens vers les contributions de l’Avenir à Villejuif et de EELV à l’enquête publique correspondante.

Je suis particulièrement sensible au désir des habitants de conserver leur qualité de vie et de ne pas subir les vues directes des habitants d’un grand immeuble sur leurs jardins. La hauteur des maisons de l’écoquartier de la rue René Hamon sera calculée de façon à ne pas gêner les voisins.

7 – Augmentation de la population.

Je suis déterminée à limiter la croissance de la population de Villejuif à ce qui est supportable par nos infrastructures de services publics et de transport en commun. Comme vous savez, la perspective de l’arrivée du nouveau métro de la ligne Rouge, avec une station à Gustave Roussy et une station/correspondance à Louis Aragon a généré de grandes ambitions bâtisseuses de la part de la municipalité sortante, avec la perspective de substantiels profits pour sa société d’aménagement.

Ces ambitions vont bien au delà des 15 % de densification suggérés par les fameuses « 15 pastilles rouges du Sdrif », dont le PCF et le PS ont voulu couvrir le centre et le sud de Villejuif. Nous vous avions d’ailleurs alertés, à l’époque, sur la présence d’une de ces pastilles rouges sur Paul-Guiraud et le cimetière, et avions organisé la mobilisation des associations de tout Villejuif sur ces projets. En tout état de cause, la « densification autour des futurs métros » inscrite au Sdrif est une prescription générale dont l’application locale dépend de la situation de départ. Or Villejuif est déjà anormalement dense .

La mobilisation des associations, les multiples interventions d’Alain Lipietz et moi-même lors des enquêtes publiques qui se sont déroulée les deux années passées (SDRIF, CDT, Ligne rouge, PLU), et que vous trouverez à la rubrique « Urbanisme » des sites de l’Avenir à Villejuif et de EÉLV-Villejuif) ont déjà produit des résultats : autant d’atouts dans les discussions juridiques que ne manqueront pas de soulever la remise à plat du PLU de décembre 2013, aussitôt après notre élection.

Nous avons d’ores et déjà obtenu, dans les rapports des commissions d’enquête publique et même dans le SDRIF, la limitation des constructions à moins de 200m de l’autoroute, le respect des espaces verts existants de Villejuif, ainsi que l’inscription d’un « délai avant densification », signifiant que pour sortir de terre, les nouvelles constructions devront attendre que les nouveaux métros soient opérationnels.

Espérant avoir répondu à vos interrogations et vous avoir convaincu du sérieux de notre projet pour Villejuif, je vous prie d’agréer, mesdames et messieurs, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Natalie Gandais

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