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11 janvier 2013
Alain Lipietz

A propos des deux gares de Villejuif.

Rencontre avec des responsables de la Société du Grand Paris

Jeudi 10 janvier, Natalie Gandais, coprésidente des Ateliers de l’Avenir à Villejuif, et Alain Lipietz ont rencontré, sur la recommandation de Pierre Serne (vice-président de la Région Ile de France en charge des transports), deux responsables de la SGP.

Il s’agissait de Messieurs Garcia (relations institutionnelles pour Paris et le 94) et Royer (directement en charge des deux gares de Villejuif).

1. L’organisation générale des chantiers.

D’emblée nos interlocuteurs ont dissipé un malentendu. Contrairement à ce qui a été présenté aux Villejuifois le 18 octobre et à ce qui figurait encore récemment sur le site de la ligne Rouge, les tunneliers creusant la ligne Rouge ne partiront pas de Villejuif, mais des stations des Ardoines, au bord de la Seine, et de Bagneux, pour se rejoindre à Villejuif Louis Aragon. Les déblais des tunnels ne sortiront donc pas par les gares de Villejuif.

En revanche, il faut prévoir les trous correspondant aux deux gares : Louis Aragon (30 mètres de profondeur) et Institut Gustave Roussy (60 mètres de profondeur).

Les responsables espèrent que la ligne Rouge sud sera ouverte en 2020 (chantiers débutant en 2014) et qu’aussitôt l’un des tunneliers commencera le creusement de la ligne Bleue, de l’IGR vers Les Olympiades (Paris 13e), pour un achèvement en 2024, l’autre tunnel (IGR-Orly) étant creusée par un tunnelier partant de Pont de Rungis pour arriver à l’IGR.

Il y aura donc un deuxième trou à l’IGR pour évacuer la terre de ce tunnel IGR-Olympiades (voir plus loin).

Les responsables (tenus par le devoir de réserve) nous ont fait part des difficultés techniques soulevées par le rapport Auzannet et un phasage qui retarderait le tronçon Champigny-centre/Noisy-Champs de la ligne Rouge et le tronçon IGR-Orly de la ligne Bleue. En effet, le centre technique de commandement et surtout la remise de la Ligne Rouge sud (là où les trains font dodo…) sont prévus en surface sur le tronçon à l’Est de Champigny-Centre, c’est là qu’un terrain disponible a été localisé et que les acquisitions sont en cours ! Et on ne voit pas sinon où remiser les trains. De même, comme la gare de l’IGR sera construite d’un seul coup pour l’interconnexion de la Rouge et de la Bleue, on doit construire la Bleue dans la foulée de la Rouge.

Pour information : l’interconnexion des lignes Rouge et Orange à Champigny-centre (à laquelle nos interlocuteurs sont favorables, pour boucler rapidement une première rocade proche de Paris à travers la Seine-Saint-Denis) impliquera un chantier en tranchée ouverte de 800 mètres de long dans Champigny. Les Villejuifois ont de la chance…

2. La gare Louis Aragon

Nous avons souligné le stress que vit ce quartier depuis des années (requalification de la Nationale 7 et pose du tramway, plus menace de ZAC).

En l’état, la SGP s’engage à limiter le trou au segment de l’avenue Louis Aragon compris entre l’avenue de Stalingrad et l’avenue Maxime Gorki, dont les carrefours ne seraient pas touchés (mais ils seront de fait des entrées de chantier). Elle s’engage à maintenir en permanence une voie dans chaque sens sur le tracé de l’avenue Louis Aragon, qui n’est autre que la départementale reliant la Vallée de la Bièvre (Cachan, Arcueil…) à Vitry et la vallée de la Seine par la Côte du Moulin de Saquet ! Elle ne peut pas être coupée. Mais cet engagement implique la destruction du coté sud de l’avenue (9 boutiques et restaurants, plus un ou deux étages de logements) : les acquisitions sont en cours.

Comment seront évacués les déblais du trou ? Par 40 gros camions par jour comme annoncé le 18 octobre, à la panique des Villejuifois ? Nous avons proposé de les évacuer par wagonnets en utilisant, la nuit ou aux heures creuses, la voie ferrée du tramway qui commence pratiquement au chantier. Nos interlocuteurs n’y avaient pas pensé, trouvent la solution intelligente… mais craignent l’opposition de la RATP !

3. La gare Institut Gustave Roussy

Pour la SGP, le choix de mettre cette gare à coté de l’IGR mais pas sur son parking est coûteux : compte tenu des pentes que peuvent franchir les trains qui viennent de passer sous la vallée de la Bièvre (et il est très dommage qu’ils ne la franchissent pas en viaduc), c’est l’emplacement le moins commode, exigeant le trou le plus profond (eux étaient partisans de construire la gare un peu plus à l’Est sur la rue Édouard Vaillant).

Ce qui va se passer : d’abord un grand trou de 60 mètres de profondeur et encore plus de diamètre pour construire la gare, avec les deux tubes de la ligne Rouge et de la ligne Bleue (voir le plan ici). Puis, la ligne Rouge achevée, la gare sera immédiatement mise en service, tandis que le morceau de tube de la ligne Bleue qui la traverse (et passe au dessus du tunnel de la Rouge) sera isolé et occupé par un tapis roulant évacuant les déblais du tunnelier bleu parti vers les Olympiades. Ces déblais seront évacués vers la surface par un deuxième trou !

On comprend l’importance de l’emprise du chantier sur le Parc des Hautes Bruyères : c’est tout le nord-ouest du parc (entre la Redoute et l’entrée nord) qui va être bouleversé. Toutefois nos interlocuteurs s’engagent à ne pas toucher au « Jardin du Silence » (le Grand trou actuel).
Nous avons suggéré d’évacuer la terre par le tunnel existant sous l’autoroute au pied de la Redoute (à l’entrée du bidonville Rom) puis par une voie de service entrant sur l’autoroute vers le Sud.

S’agissant de la Gare, la SGP, qui envisageait au début une tour faisant pendant à celle de l’IGR ( !!!), a bien perçu l’opposition (que nous incarnons) à la destruction du Parc. Nos leur avons dit que le cylindre rouge figurant jusque récemment sur leur site était également inacceptable (et semblait présager un centre commercial). Ils en sont conscients, et travaillent actuellement sur une « tour inversée », un « immeuble de grande profondeur » (60 mètres = 20 étages). Nous avons insisté pour que la gare de surface soit la plus élégante et discrète possible, comme il sied pour une sortie dans un parc, sur le modèle des sorties de métro de Copenhague. Il y aura un concours d’architecte international.
(Nous avons constaté le lendemain qu’existe déjà un projet de verre sur le site cancercampus-valdebievre.fr, assez satisfaisant !)

4. Hors sujet

Conversation à bâtons rompus....

Il est clair que la ligne Bleue n’est que la ligne 14 prolongée, donc avec la même technologie (petit métro automatique sur pneus), et avec des wagons supplémentaires. La ligne Rouge au contraire verra des trains puissants roulant jusqu’à 120 km/heure. On voit que le « réseau Grand Paris Express » ne sera pas homogène. Pourquoi alors s’évertuer à prévoir partout des tunnels à grand gabarit ? D’ailleurs pourquoi des tunnels ? La ligne Rouge Est (par Montfermeil) ne peut-elle pas être à l’air libre et au soleil ?

Les écologistes sont contre la ligne Verte car ils refusent l’urbanisation du plateau de Saclay. Mais pourquoi pas un transport léger type Orlyval, d’Orly à la Vallée ?

Nos interlocuteurs font valoir : « Vous serez à 20 minutes de La Défense ! – Nous n’allons jamais à la Défense ! – Mais n’oubliez pas que des « techniciens de surface » du Val de Marne se lèvent à 4 heures du matin pour aller faire le ménage à La Défense." Un point pour eux ! Mais cela veut-il dire que le réseau Express circulera dès 4 heures du matin ? Un rêve : le métro pour cadres de Christian Blanc reformaté au profit des travailleuses précaires !

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